Twin Peaks – Série de David Lynch et Mark Frost (II)

Dans la série de mes articles sur la série (:)) Twin peaks (puisque je l’ai commencée la semaine dernière) voici mon second papier. Je vais donc vous parler aujourd’hui du style de Twin Peaks, et vous aurez un petit cadeau à la fin de mon article.

Twin Peaks mélange plusieurs genres : on part d’un assassinat dans le fin fond d’une bourgade américaine . A priori, on est donc dans  le cadre d’une enquête policière. Pourtant, peu à peu, la série va s’imprégner de surnaturel, d’abord par l’intermédiaire du personnage de Dale Cooper, agent du FBI qui a étrangement recours à ses rêves, la philosophie bouddhiste, et autres croyances farfelues pour résoudre ses énigmes. Certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes choquer et amènent parfois la série aux frontières du réel de l’horreur. La série se veut volontiers parodique, référentielle, parfois drôle. Certaines interrogations demeurent à la fin de la seconde et dernière saison. Qui connaît David Lynch reconnaîtra aisément son style : Twin Peaks est une série à clés, et c’est pour cela qu’elle est inclassable. C’est ce que j’ai aimé en premier lieu.

Voici une des scènes les plus emblématique du désordre baroque organisé régnant sur la série, celle du rêve de Dale Cooper, avec l’apparition de Laura Palmer et celle du nain interprêté par Michael J. Anderson :

Pour cette scène, les acteurs ont joué à l’envers, en apprenant leur texte à l’envers également. Et la scène a été renversée ensuite pour la diffusion, ce qui explique la façon dont les personnages bougent ou parlent. Certains auraient tôt fait de dire qu’il ne s’agit là que d’un gadget avant gardiste et provocateur : cela ajoute en tout cas au mystère des personnages et de l’intrigue. C’est peut-être ce mélange des genres, cette façon atypique de décrire les événements, les décors et les personnages qui fait que, malgré des passages vraiment kitchs (voir plus bas), la série n’a probablement jamais été égalée, et n’a pas vraiment vieilli. Son âge lui apporterait presque un cachet supplémentaire.  La série se DISTINGUE clairement de tout ce qui a été fait jusqu’à présent : c’est à dire avant elle, pendant, et depuis elle. Le scénario est complexe, riche, intelligent.

Voici maintenant le moment le plus kitch de la série :

Il me reste à vous parler de l’esthétique de la série, et des personnages et acteurs. Vous hésitez encore à la voir ? La revoir ? ;)

 

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.