Qui a joué une vie… Le prince des Brumes, Carlos Ruiz Zafon

En 1943, pour fuir la Guerre, Maximilian Carver décide d’emmener son fils Max, son épouse Andréa, et ses deux filles Alicia et Irina, vivre dans une maison au bord de la côte. Cette maison, leur avoue-t-il dès leur arrivée, est chargée d’un lourd passé…

Depuis son premier ouvrage traduit en France, L’ombre du vent, on connaît le goût de Carlos Ruiz Zafon pour les histoires d’adolescents vivant d’incroyables expériences les menant aux frontières du fantastique. A mi-chemin entre le récit initiatique et la quête introspective, les histoires de Carlos Ruiz Zafon nous emmènent avec ses personnages au coeur de mystères parfois terrifiants.

Ici, Max et Alicia vont faire la rencontre de Roland, de quelques années plus âgé qu’eux, petit fils de Victor Kray, gardien du phare. Aussitôt, une amitié sincère et puissante va lier les deux garçons, tandis qu’Alicia connaîtra le premier grand amour de sa vie. Mais que peut bien cacher cette épave de l’Orphéus, enfouie au bas de la falaise, échouée quelques années plutôt après avoir été projetée contre les rochers ?

Que cache en réalité Victor Kray ? Qu’y a-t-il derrière la maison ? Pourquoi cet endroit est si angoissant ? Qui est sur le film découvert dans le garage ? Et.. quel est le point commun à tous ces événements étranges qui se produisent depuis l’arrivée de la famille Carver dans cette maison ?

Le Prince de la Brume a été publié en 1992. C’est le premier roman publié de l’auteur. Ses quatre premiers romans publiés, nous avoue-t-il, l’ont été pour la jeunesse. Il a toujours voulu écrire des histoires qui passionnent à la fois les petits et les grands.

Le roman ne fait pas défaut à cet objectif. Carlos Ruiz Zafon montre avec cet ouvrage qu’il sait manier à la perfection les ficelles de la peur et de l’intrigue. On est bien loin de la littérature jeunesse qui donne juste la chair de poule aux enfants de 10 ans. Voilà bien une intrigue un brin plus complexe et diversifiante.

On pourrait peut-être lui reprocher quelques longueurs dans certains monologues, ou bien au contraire le fait de n’avoir pas poussé jusqu’au bout cette envie d’étoffer son récit. Mais on doit
lui reconnaître certaines audaces dans la narration, et jusque dans la chute. Ce pourrait être un joli cadeau de Noël…

Le Prince de la Brume, Robert Laffont, novembre 2011, 209 pages, 18 euros.

 

Article paru dans Paris-ci la Culture n°2 – Décembre 2011

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.