Patrick Devresse : photographe

Copyright : Patrick Devresse

Dans l’univers de Patrick Devresse, on trouve parfois de ces figures qui ignorent complètement l’objectif. Des personnages fantômes semble-t-il, qui pourtant ont une présence très forte.

Patrick Devresse est très attaché au N&B, dont il maîtrise les nuances en jouant avec l’ombre et la lumière mais aussi avec les formes géométriques, s’amusant à combiner ces deux forces pour en tirer le meilleur parti.

Je vous invite à aller visiter son site internet ici : http://www.patrickdevresse.fr/index.html

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La photographie et vous, ça dure depuis combien temps ?

Cela fait maintenant une trentaine d’année, sans coupure, que cela dure.

Quel matériel utilisiez-vous au début, et lequel aujourd’hui ?

A l’époque, j’avais un Minolta SRT 101, un appareil argentique… Aujourd’hui, j’en suis au Nikon D700 numérique après divers passages par Leica, Hasselblad et autres.

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Quelles sont vos motivations ? La passion ? Le travail ? Un peu des deux ?

Ma motivation principale est avant tout la recherche de la présence de l’humain sous toutes ses formes. Elle est aussi une photographie de la rencontre, des rencontres qui conditionnent ma vie. J’ai l’habitude de dire que je vis en photographie. Le travail passe après…

Travaillez-vous également d’après commande ?

Je travaille également d’après commande des institutions, de différents centres culturel, de médiathèques et d’associations.

La commande est importante dans la mesure où elle témoigne de la confiance que l’on peut me faire pour la réalisation d’images ou d’expositions, ou pour la qualité du regard que je pose sur le monde et dont je restitue une certaine vision,

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Quel est votre domaine de prédilection ?

Je pourrais dire que mon domaine de prédilection est la vie et à l’intérieur de celle-ci les rencontres qui vont déterminer des axes de prises du vues qui vont m’accaparer pendant une période donnée

A quoi pensez-vous pendant le déclenchement ?

Déclencher pour moi, c’est être au meilleur de la présence. C’est aussi, en une fraction de seconde, accorder le fond et la forme. C’est ce moment exceptionnel que d’autres auront envie d’accrocher chez eux. L’image aura alors sa propre vie.

Copyright : Patrick Devresse

Retouchez-vous vos photos ?

Oui, mais juste ce qu’il faut pour être en accord avec l’idée que je me fais du rendu final que je souhaite obtenir pour l’image en cours de finalisation.

Quels sont vos maîtres ?

Au début, Henri Cartier Bresson et l’agence Magnum m’ont beaucoup influencé. Mais, je suis maintenant attentif à la production photographique en général et beaucoup de photographes et de types de photographies m’intéressent. Je suis curieux de tout sans pouvoir dire que tel ou tel photographe ait une importance prépondérante pour moi.

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Parlez-nous de vos plus belles expériences de photo…

J’ai eu beaucoup de belles expériences (rencontres) photographiques avec des plasticiens, des comédiens, des danseurs, des écrivains…

J’ai envie de vous parler de la dernière qui m’a fait rencontrer le monde de la grande musique et deux pianistes (Bruno Belthoise et Christina Margotto) qui m’ont emmené au Portugal pour réaliser une série d’images sur les traces du compositeur Fernando Lopez Graça pour la réalisation d’une exposition noir et blanc qui suit leurs concerts, un livret photographique intégré à leur CD, et surtout un accompagnement visuel de la musique qu’ils interprètent. Une réalisation vraiment très complète qui m’a donné beaucoup de plaisir. (http://www.patrickdevresse.fr/melodias.html)

Une autre belle expérience fut celle d’être lauréat du grand prix SFR Paris photo 2011 en novembre et de me retrouver exposé au Grand Palais à Paris aux côtés des grands noms de la photographie avec un texte de Christian Caujolle (www.patrickdevresse.fr)

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L’exposition photographique est visible actuellement à la Maison du Portugal à la cité universitaire de Paris, Boulevard Jourdan, jusqu’au 07 mai.

Quelles sont vos conditions idéales pour faire une série photo ?

C’est très difficile à définir. Pourtant je pourrais dire qu’il faut avoir l’esprit libre et être fortement concentré sur ce que l’on réalise.

Que pensez-vous de la campagne UPP (ci-après) ?

A vrai-dire, mon choix ne se serait certainement pas porté sur cette image, mais je comprends leur combat et je les soutiens. Dans l’époque à laquelle nous vivons, peut-être est-il nécessaire de choquer pour se faire entendre ? Ils défendent bien les créateurs.

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Que pouvez-vous nous dire au sujet du photojournalisme ?

Sa survie est indispensable à la démocratie. C’est un rempart aux dérapages de tous ordres. Combien d’images fixes ont été à l’origine de changements importants dans le monde ! Les photojournalistes sont des témoins essentiels qui exercent parfois au péril de leur vie. Ils est indispensable de les soutenir dans l’intérêt de tous.

Quelle est, selon vous, la photo du XXème siècle ?

La photo du vingtième siècle serait une photo qui serait la quintessence de toutes celles prises par tous ceux qui la pratiquent avec une exigence artistique. Il devrait être possible maintenant de l’obtenir avec toutes les avancées technologiques dont nous avons été les témoins !

Propos recueillis par

Stéphanie Joly

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.