[Critique et Concours] : Un jour de chance, de Alex de la Iglesia

Alex de la Iglesia, né en Espagne en 1965, est connu pour être un réalisateur au penchant très prononcé pour l’humour noir. Ce réalisateur a pu réaliser son premier long-métrage grâce à Pedro Almodovar. Depuis, sa renommée internationale ne cesse de croître.

Un jour de chance ne fait pas exception dans la collection filmique de Alex de la Iglesia. Roberto (Jose Mota) est un ancien publicitaire. Cherchant désespérément un emploi dans une Espagne en crise, il place tous ses espoirs dans l’entreprise d’un ex-collaborateur, qui finalement lui claque la porte au nez. Au lieu de rentrer chez lui ensuite, pour annoncer à sa femme qu’il a encore échoué, il va à l’hôtel où sa femme (Salma Hayek) et lui ont autrefois passé leur lune de miel. Problème : c’est désormais un musée, et il tombe, dans tous les sens du terme, en plein dans l’inauguration de ce nouveau lieu culturel, allant même inopinément jusqu’à lui voler la vedette…

Roberto a en effet un accident et se retrouve pris au piège d’un théâtre antique déterré il y a peu. En quelques minutes, il devient l’homme le plus célèbre d’Espagne : une horde de journalistes arrive rapidement sur les lieux en même temps que les secours. Alors qu’il est difficile de contenir ce petit monde, Roberto voit en cette catastrophe une possibilité de se sortir du pétrin dans lequel l’a conduit la crise économique.

De cette crise économique, on se retrouve à contempler les déboirs d’un système médiatique corrompu : les deux entretiennent des liens très étroits, et bien que le réalisateur traite le sujet avec humour et s’approche parfois de la caricature, on n’en reste pas moins effaré par la cruelle ressemblance avec la réalité que nous connaissons tous. Le malheur et la mort représentent tous deux une source de profit potentiel. Qu’on se le dise.

Le propos sous-jacent est donc assez violent, tout comme certaines images très brèves, qui semblent rappeler le spectateur chaque fois qu’il est tenté de basculer vers l’envie de prendre toute cette comédie, car c’en est une aussi, à la rigolade. Cette oscillation permanente entre réalisme décadent et caricature hilarante crée une certaine tension, et c’est avec brio que Alex de la Iglesia nous mène jusqu’à la toute dernière image là où l’on ne s’imaginait pas aller.

Il use de toutes les ficelles : certains acteurs donnent parfois l’impression de surjouer (comme dans toute bonne comédie espagnole, dira-t-on), certaines scènes sont à hurler de rire. Tout ceci est vécu avec l’arrière pensée que ce qui arrive n’est pas drôle du tout, sauf si l’on décide de tout sauver.

C’est ce qui fait d’Un jour de chance un film funambule parfait, où l’incertitude de l’issue, instillée du début à la fin, empêche de ressentir le malaise de d’une situation dramatique insupportable sans ce subterfuge de génie. C’est un film remarquable, où toutes les tensions d’un pays sont réunies en une illustration brillante qui donne à la fois envie de rire et de pleurer, et nous laisse avec ce sentiment qu’on a regardé un spectacle foudroyant, que l’on n’avait pas vu venir. Un film qui doit devenir culte.

En salles le 12 décembre 2012

[CONCOURS]

Et voici l’heure du concours !

Nous vous proposons de gagner aujourd’hui de gagner 5 exos pour deux personnes pour aller voir le film, ainsi que 5 affichettes du film.

Il y aura donc 10 gagnants, tirés au sort parmi les bonnes réponses aux questions suivantes :

Quel est le film qui a fait exploser la carrière de Salma Hayek, dans lequel elle jouait un peintre célèbre ?

Quel est le grand réalisateur espagnol qui a aidé Alex de la Iglesia dans son début de carrière ?

Où se passe l’accident du héros de « Un jour de chance » ?

Envoyez vos réponses à jeux.pariscilemag[@]gmail.com avec en objet « UN JOUR DE CHANCE ». Les réponses envoyées ailleurs ne seront pas acceptées. Participation en France métropolitaine uniquement.

Vous avez jusqu’au 12 décembre minuit pour tenter de remporter ces cadeaux !

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.