Le Songe d’une nuit d’été, Shakespeare par Nicolas Briançon

Reprise de cette pièce qui avait connue un grand succès la saison dernière. Le metteur en scène, Nicolas Briançon, qui est décidément partout en ce moment, remonte sur les planches du Théâtre de la Porte Saint-Martin pour soixante représentations du Songe d’une nuit d’été. Avec cette pièce – sans doute la plus drôle de William Shakespeare – Nicolas Briançon s’attaque à l’un des plus grands dramaturges européens de tous les temps.

Il y en a pour tous les goûts dans cette pièce. Quelques jeux de pouvoir ; où l’on voit Obéron, le roi des fées, et son acolyte, Puck, jouer avec les destins des personnages ; de la passion entre Titania et Obéron ; de l’amour entre Lysandre et Hermia ; de la comédie lors des répétitions de la troupe de bras cassés venus divertir le roi des elfes.

Nicolas Briançon a voulu y voir un divertissement pour toute la famille. Soit. Les acteurs sont plutôt bons, Lorant Deutsch compris. La pièce est rythmée d’intermèdes musicales plutôt audacieuses pour du Shakespeare, mais on est embarqué et l’on ne voit pas les deux heures de spectacle passer.

Une question cependant, pourquoi choisir les années 1970 comme décor de transposition de ce texte ? Pourquoi pas aujourd’hui ? Ou les années 80 ? C’est vrai que le côté Chapeau melon et bottes de cuir est du plus bel effet. Les danseuses sont glamours dans leurs combinaisons en vinyle et le noir et blanc dominants du décor affichent une certaine classe. On dirait parfois un clip de Claude François à voir les six danseuses se trémousser au son  des tubes de l’époque. J’exagère, mais s’il y a une chose qu’on ne peut enlever à cette pièce, c’est bien que l’ambiance est parfaitement retranscrite. Quant à décider de la pertinence de sa mise en scène, il faut le voir pour en juger.

Et comme le dit Puck : « Si nous, ombres, nous vous avons offensés, Dites-vous simplement, pour tout arranger, Que vous ne faisiez que dormir Quand ces rêves venaient surgir. Ces faibles et vains mensonges, Ne les prenez que pour un songe. Chers spectateurs, ne nous condamnez pas, Nous ferons mieux, une prochaine fois. »

Le Songe d’une nuit d’été – Texte de William Shakespeare – Mise en scène de Nicolas Briançon -  Adaptation de Nicolas Briançon et Pierre-Alain Leleu – Avec Lorant Deutsch, Nicolas Briançon, Carole Richert, Eric Prat, Marie-Julie Baup… – Décors de Bernard Fau – Costumes de Michel Dussarat – Musique de François Peyroni – Lumières de Gaëlle de Malglaive – Chorégraphie de Karine Orts – Maquillage de Michelle Bernet.

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About Diane Maretheu

Si elle n’avait pas commencé par être libraire, Diane aurait volontiers été hôtesse de l’air, chef pâtissier ou dixneuviemiste. Biberonnée à Brassens autant qu’à Led Zep, cet éclectisme se retrouve dans ses goûts littéraires notamment, de Siri Husdvedt à Laurent Mauvignier (son héros). Son amour pour Paris et le plaisir qu’elle prend à se perdre dans ses rues est sans limite. Elle a bien tenté de brûler les planches, sans grand succès, et n’aime désormais rien de plus que s’asseoir dans le noir et regarder des acteurs lui raconter une histoire, une heure ou deux, ou plus.