Tout est normal mon cœur scintille, de Jacques Gamblin

Jacques Gamblin, cet homme au charme fou, monte seul sur la scène du théâtre du Rond-Point. Autant dire qu’on est déjà à moitié conquis.

Le spectacle commence, c’est la première. Il y a un peu d’électricité dans l’air, les ouvreuses peinent à placer les quelques retardataires avant que le noir ne se fasse. Un projecteur éclaire le centre de la scène, M.Gamblin commence à parler et ne se place pas tout de suite dans le cercle de lumière. Il parle de ses mains, dérive, ergote, digresse. Ca n’a l’air d’aller nulle part, je commence à être dubitative. Ca dure combien de temps déjà ?

Et puis l’on s’apprivoise. Les minutes s’enchaînent et on le retrouve, ses yeux bleus, sa voix si particulière qui m’avait murmuré un bout de La promesse de l’aube un matin à la radio. Pas tout à fait le même, pas tout à fait un autre, il imite la musaraigne, parle de son ostéopathe, tombe, se relève, toujours.

Vite, on s’apercevra que Jacques Gamblin est un magicien. Aidé d’Anne Bourgeois à la mise en scène, il déroule son spectacle, passe des insectes aux pachydermes, du cœur qui scintille sur les clichés des médecins à la vie en général. En filigrane apparaît la femme aimée, partie, manquée. Toujours entre rire et gravité. Les danseurs, Claire Tran et Bastien Lefèvre, sont simplement fabuleux et viennent servir la pièce avec grâce et élégance. Puis le noir se fait. Applaudissements. Tout va bien, mes yeux brillent.

Du 6 février au 3 mars.

Tout est normal mon cœur scintille – De et avec Jacques Gamblin – Danseurs : Bastien Lefèvre et Claire Tran – Collaboration artistique : Anne Bourgeois – Collaboration chorégraphique : Catherine Gamblin-Lefèvre.

Durée : 1h30 – Renseignements et réservations ici

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About Diane Maretheu

Si elle n’avait pas commencé par être libraire, Diane aurait volontiers été hôtesse de l’air, chef pâtissier ou dixneuviemiste. Biberonnée à Brassens autant qu’à Led Zep, cet éclectisme se retrouve dans ses goûts littéraires notamment, de Siri Husdvedt à Laurent Mauvignier (son héros). Son amour pour Paris et le plaisir qu’elle prend à se perdre dans ses rues est sans limite. Elle a bien tenté de brûler les planches, sans grand succès, et n’aime désormais rien de plus que s’asseoir dans le noir et regarder des acteurs lui raconter une histoire, une heure ou deux, ou plus.