La conscience de l’ultime limite, de Carlos Calderon Fajardo

La conscience de l’ultime limite se déroule en Amérique du sud, où ni les quotidiens locaux ni la police ne manquent de travail. C’est un lieu où fourmillent les assassins et les voleurs. Calderon écoute Gaspar Contreras qui lui propose un jour d’élaborer des chroniques du crime truquées, avec photo-montages. L’idée plaît au quotidien qui décide de mettre ces perfidies littéraires en regard des véritables nouvelles du jour.

 Plus tard, Calderon découvre qu’il a inventé un crime… destiné à être perpétré réellement. Cette horreur ne vient pas seule : le Dompteur de mouches fait son apparition, et le met au défi d’inventer d’autres crimes, s’accusant lui-même d’en avoir commis quelques croustillants…

 « Tout ce que tu as créé est condamné à mourir ». page 80

 Dans ce petit livre, la vérité et la fiction (quelles sont-elles ?) s’entremêlent, et nous aurions tort de prêter plus d’attention à l’une qu’à l’autre. Le processus de création est mis à mal par l’attente des lecteurs, et la vie est mise en danger par la création littéraire… A la frontière du fantastique, du kafkaïen et de l’absurde, La conscience de l’ultime limite distille un certain malaise, non sans humour.

Il y a ce personnage mystérieux du « dompteur de mouches » qui a caché tant et tant d’aphorismes dans le décor de son appartement, cette « jungle impénétrable de pensées », rongé par l’absence des uns, envahi par la curiosité des autres. C’est un personnage intéressant dont auraient pu s’inspirer Hitchcock, Jonathan Demme ou Jon Amiel (Copycat).

 Ici, il y a bien une ambiance « détective », à laquelle vient se heurter un besoin tout littéraire qui consiste à rendre la fiction plus passionnante encore que la réalité. Carlos Calderon Fajardo n’a par ailleurs rien à envier à Gaston Leroux, car son brin de fantaisie péruvienne à l’avantage de nous amener là où nous ne nous doutions pas aller.

 La conscience de l’ultime limite, Carlos Calderon Fajardo, Traduit de l’espagnol (Pérou) par Lise Chapuis, Editions l’Arbre vengeur, Couverture : Joko, novembre 2012, 112 pages, 12 euros.

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.