Un pavé dans la cour – Théâtre Michel

 Une fête des voisins qui tourne au vinaigre et c’est la petite ronde de nos travers qui se met en place. Mais à vouloir trop en faire, le cake aux olives du voisin en devient étouffant.

 Une petite cour d’immeuble parisien. Six personnages sont réunis à l’initiative de l’un d’eux pour une réunion entre voisins. Tout le monde est là, la vieille peau qui s’habille comme une adolescente et sa fille, grande gueule et jolie. Le benêt, l’insupportable, sa femme qui cache bien son jeu, et l’homme d’affaires occupé. Chaque personnage a son caractère pour déployer un jeu, des défauts dans lesquels tout le monde se retrouvera, à commencer surtout par les autres.

C’est difficile de faire une bonne comédie, c’est peut-être même plus difficile que de faire un drame, mais quand, justement, l’auteur s’emploie à distiller ici et là, des instants (mélo)dramatiques, attention les dégâts ! Est-ce pour rattraper les vannes qui tombent parfois à plat que Didier Caron a inventé cette relation mère-fille tourmentée ? Ou donner un peu plus de relief à la pièce ? On l’ignore, mais la mayonnaise ne prend pas. Les dialogues sont laborieux et digne, au mieux, d’une saga de l’été de France 2.

On s’ennuie, et on se demande où la pièce va bien pouvoir nous emmener. Tout cela sans compter sur le public qui n’était pas avec nous ce soir-là. On en parle jamais du public, mais s’il rit beaucoup, vous vous laisser aller, s’il retient son souffle, vous devenez plus concentré sur ce qu’il est en train de se passer. Il se passe des choses au théâtre que vous ne verrez ni au cinéma ni chez vous.

Là, ça a été un festival. Entre la dame qui rit trop fort, commente toutes les répliques comme si elle était dans son canapé devant sa télé, et qui, évidemment, n’avait pas éteint son portable – l’occasion pour tout le monde de lui râler copieusement dessus – et l’homme qui s’ennuie et se tourne vers sa femme au milieu de la pièce en disant tout fort : « Y a une entracte ou bien ? ». Non, les conditions n’étaient pas idéales.

C’est dommage parce que les acteurs sont plutôt convaincants et certaines répliques font mouches, mais disons que dans cette grande salade de nos défauts, la vinaigrette manquait un peu de sel.

 Un pavé dans la cour – Une pièce de Didier Caron – Avec Gaëlle Lebert , Pascal Mottier, Bruno Paviot, Virginie Pradal, Julie Ratel, Samantha Rénier – Décors : Claude Pierson – Lumières : Frank Willig – Musique : Thibault Dissoubret et Emmanuel Orson. Durée 1h35 – Jusqu’au 1er juin 2013

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About Diane Maretheu

Si elle n’avait pas commencé par être libraire, Diane aurait volontiers été hôtesse de l’air, chef pâtissier ou dixneuviemiste. Biberonnée à Brassens autant qu’à Led Zep, cet éclectisme se retrouve dans ses goûts littéraires notamment, de Siri Husdvedt à Laurent Mauvignier (son héros). Son amour pour Paris et le plaisir qu’elle prend à se perdre dans ses rues est sans limite. Elle a bien tenté de brûler les planches, sans grand succès, et n’aime désormais rien de plus que s’asseoir dans le noir et regarder des acteurs lui raconter une histoire, une heure ou deux, ou plus.