Pepita, de Takehiko Inoué

Pepita, une œuvre libre. Takehiko INOUE est un magaka très célèbre au Japon notamment grâce à la série Slam Dunk (plus de 100 millions d’albums vendus!) et dans laquelle il explore le thème du basket ball. Il s’est aussi attaché à parler du handicap, que ce soit le handicap physique dans la série Real ou bien la surdité dans la série Vagabond, libre adaptation de La Pierre et le sabre, grand roman d’Eiji Yoshikawa.

Avec Pepita, Inoue fait le récit tout personnel d’un voyage sur les traces du célèbre architecte barcelonais Antoní Gaudí. Frappé et un peu dérangé par la vision rapide de la Sagrada Familia lors de sa première visite à Barcelone pour les Jeux Olympiques de 1992, Inoue y revient 20 ans après avec l’idée d’approfondir sa découverte de Gaudí en explorant ses oeuvres, mais également en suivant ses traces dans la ville et en allant interroger des artisans ainsi que des gens qui l’auraient connu.

On apprécie le mélange reportage photographique / carnet de dessins. On peut être un peu dubitatif quant à la quantité d’apparition d’Inoue sur les clichés, mais vu le nombre de documents proposés, on n’y fait vite plus du tout attention. Et ce qu’on aime par-dessus tout, c’est quand les petits dessins viennent animer les photos, leur ajouter mouvement, couleur et malice.

Au milieu de dessins aux styles variés (portraits, petits personnages, paysages, croquis ou aquarelles), Inoue nous donne un aperçu de quelques documents personnels de l’architecte qui renforce cet aspect de la recherche biographique qui nous donnerait des clés pour une meilleure compréhension de l’oeuvre. En effet, on est touché par la profondeur de certaines recherches qui nous apprennent la fragilité du petit « Tonet », le décès prématuré de plusieurs frères et soeurs, puis d’amis proches qui le feront se tourner encore davantage vers la religion et probablement s’atteler avec d’autant plus de ferveur dans la titanesque construction de la Sagrada Familia.

Et lorsque, pris par notre lecture, on commence à avoir un beau panorama des oeuvres de Gaudí, on ressent cette même frustration que l’auteur a dû affronter lorsqu’il n’a pu visiter l’intérieur ni de la Casa Milà ni de la Casa Batlló!
Bien sûr, au-delà des rencontres humaines que Inoue nous fait apercevoir, l’histoire la plus touchante est celle qui donne son titre à l’album, la belle Pepita, qui n’ira quand même pas jusqu’à nous révéler les secrets du coeur de Gaudí…

On conseillera bien sûr de ne pas rater le visionnage du DVD joint, avant d’aller pousser trois clics sur le web pour acheter ses billets et retourner enfin voir soi-même cette Barcelone que Gaudí a faite multicolore, explosive et éternelle !

PEPITA, Takehiko INOUE sur les traces de Antoní Gaudí. Editions KAZÉ, 2013, 107 pages. Inclus 5 ex-libris et un documentaire sur DVD.

Un article signé Lamalie

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.