Monde sans oiseaux, de Karin Serres

L’enfant naît et son père la nomme « Petite Boîte d’Os ». Elle arrive dans une famille qui vit au bord d’un lac nordique dans lequel nagent nonchalamment des cochons rose fluo, créatures très douces, affectueuses mais qui servent surtout à nourrir les habitants. D’ailleurs il ne fait pas bon se prélasser dans ce lac car il abrite des milliers de cadavres, c’est là en effet qu’on fait glisser les morts.

Petite Boîte grandit, entre ses parents et son grand frère, et elle se pose des questions simples et fondamentales « Mais si mon corps change, va-t-il aussi changer mes pensées ? ». Elle se lie d’amitié avec Blanche, puis d’amour avec le vieux Joseph, et à son tour d’enfanter, c’est Knut qui arrive dans ce monde où les oiseaux ne sont plus qu’une lointaine légende.

« J’ai du mal à y croire. Des animaux qui nageaient dans le ciel sans tomber. »

Cette histoire a des allures de conte, n’en déplaise à l’auteur qui s’en défend, mais il s’agit bien d’une histoire dans un monde qui ressemble fort au nôtre malgré tous ces petits détails fous. La vie suit son cours, comme pour nous tous, dans un monde qui ne nous appartient pas, et avec lequel il faut bien composer.

Karin Serres a beaucoup écrit pour le théâtre et on se réjouit de ce premier roman. Car elle a un univers tout à elle, entre le détail qui émerveille et le fond mélancolique, elle dépeint un monde en transition, un monde qui change, et sans doute pas pour un avenir qui chante. Mais pour l’instant en tout cas, on aimerait vraiment connaître ce lieu presque préservé où pour certains encore, Rosie est plus un animal domestique qu’un aliment transgénique…

Monde sans oiseaux, de Karin Serres chez Stock La Forêt, 105 pages, 12,50€.

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