Moongaï : l’Interview

On vous parlait de Moongaï ici, maintenant, on les fait causer ! :)

Racontez-nous l’histoire de Moongaï.

Moongaï, c’est l’histoire de notre rencontre avec Greg il y a plus de dix ans. Un amour commun de l’électro et de la pop, une vision poétique et punk de la musique, orchestrée et brutale, une banane rousse, une paire de boutons de manchette, une équipe en live explosive.

N’avez-vous pas un peu l’impression d’être fous ?

Ne sommes-nous pas tous fous ?

Quelles sont vos influences ?

L’électronica, l’IDM, la « brain dance », mais aussi la pop et le rock anglo-saxons. Des morceaux qui sont pour nous intemporels sont par exemple Radiohead – There There, Aphex Twin – Vordhosbn.

Vos sources d’inspiration s’étendent-elles dans le monde du cinéma ? de la littérature ?
De David Fincher à Paul Auster, oui. La photographie ou la poésie en font également partie, Gregory

Crewdson, Edgar Poe. Il y a peut-être dans ces sources d’inspiration une constante surréaliste, une tonalité fantastique qui en ressort, mais aussi l’idée d’une oeuvre populaire et exigeante. Mais ce qui m’inspire le plus pour l’écriture, ce sont les gens eux- mêmes et leur gaucherie, leurs maladresses et leur tocs, tics, tac.

Si on vous rapproche des Rita Mitsouko, ça vous fait quoi ?
Plaisir. J’aime les textes, la singularité du projet, mais je préférerais mourir avant Greg si possible… C’est chiant les enterrements.

Si vous n’aviez pas formé ce groupe, qu’auriez-vous fait de votre vie ?

C’est une question complètement irréelle, formidable ! Moi je serais zoologiste et éthologue, et Greg serait cloîtré à jamais dans son studio.

Comment s’est construit Cosmofamille ?

Durant une très longue année de presque 24 mois, principalement dans notre studio pour les prises et les arrangements, dans le train (Cryptogénique), à mon bureau (Cosmofamille), dans ma cuisine (J’oublie), sur un lit ou un canapé pour l’écriture des textes ; au piano de notre salon pour la plupart des compositions ou à la guitare ; dans des états de semi- conscience ou d’excitation neuronale, dans des humeurs mélancoliques ou satiriques.

La collaboration avec Pigeon John ?

J’ai été saisie durant les tournées avec C2C par le personnage et l’artiste. A mon retour je me souviens avoir dit à Greg quelque chose du genre « il faut faire une chanson pour et avec Pigeon, ce type est trop bizarre et attachant ». Nous avons écrit la musique et le texte en pensant à lui, sa personnalité, ses talents de chanteur et de rappeur. Je voulais absolument le faire chanter en français car la façon dont il écorche la langue colle complètement à la thématique du texte, la maladresse. Nous avons crée ce morceau en très peu de temps, quelques jours seulement, lui avons envoyé, et il nous a fait parvenir à son tour les pistes vocales. En autre aller-retour sur la toile et le morceau existait dans son entièreté loufoque.

Avez-vous déjà d’autres titres en préparation ?

Enormément de bribes ! Il nous tarde d’attaquer le deuxième.

Comment vivez-vous cette série de concerts parisiens ?
Comme des provinciaux. Cer taines choses nous échappent, par exemple le concept du savon dans les toilettes des salles de concert qui semble avoir disparu, c’est une grande perte.

Quelle serait votre devise ?

Libérer Imaginer Sauter

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.