[Concours] Appelez la sage-femme, de Jennifer Worth

East End, Londres, 1957. Sage-femme fraîchement diplômée, la jeune Jenny Lee s’apprête à entrer dans la vie active. Mais en lieu et place de l’hôpital où elle croit avoir été embauchée, c’est un couvent qui l’attend : Nonnatus House. Elle va y découvrir l’âpre réalité d’un quartier défavorisé, mais aussi faire la connaissance de femmes qui sont de véritables héroïnes.

Avec cette série, on est bien loin des intrigues fantastiques, de l’espace ou des thrillers policiers.
Nous voici plongés dans une ambiance londonienne digne d’un Dickens, magnifié par la caméra d’un Polanski. Jenny Lee, l’héroïne, débarque avec sa naïveté et se heurte au sordide d’un quartier défavorisé. Ce sordide, ici, est sublimé par Heidi Thomas. Tout y est à la fois cruellement authentique et très esthétique. Un parti-pris périlleux pour une série qui n’avait déjà pas, d’emblée, toutes les armes de son côté pour concurrencer les séries les plus regardées dans le monde : ici pas de sexe, pas de sang, pas de grand spectacle…. si ce n’est celui de la vie. Car ce qu’il y a de fantastique dans Call the Midwife, c’est ce spectaculaire défi de la vie, rendu le plus cru possible par des scènes tournées au plus près, y compris lorsqu’il s’agit d’un accouchement difficile. Le réalisateur réussit le pari de tout montrer en ne dévoilant rien.

La série prend donc un contre-pied intéressant, qui est celui de la simplicité. On voit le personnage évoluer au fil des épisodes, de manière surprenante, à mesure qu’elle traverse la vie, la mort, et se trouve confrontée à des situations difficiles et redoutablement réalistes.
C’est une vraie bouffée d’air dans le paysage télévisuel aujourd’hui, une série qui revient sans complexe à l’essentiel, comme un moment de vie, presque un moment d’histoire car on apprend beaucoup de choses sur les pratiques médicales de cette époque pourtant pas si éloignée de la nôtre.
La saison 3 doit être diffusée sur la BBC en 2014. Peut-être en apprendra-t-on davantage sur le personnage de Jenny Lee, qui sous son apparente
naïveté semble pourtant très mystérieuse… à bien des égards. A suivre…
Call the Midwife, Heidi Thomas, avec Jessica Raine, Miranda Hart, etc… Sorti en DVD chez France
Télévisions Distribution.
Diffusion sur D8 en ce moment !
Call the Midwife est l’adaptation des mémoires de Jennifer Worth, paru il y a quelques semaines chez Albin Michel, et intitulé Appelez la Sage-Femme. La série est absolument fidèle à l’ouvrage, jusque dans les intonations des personnages que l’on imaginait.
La lecture de ce roman est comme une confidence, qui a le don de vous plonger immanquablement dans l’histoire de cette Mlle Lee qui débarque, si naïve, dans le couvent de Nonnatus House. Le plus surprenant est sans doute qu’il n’y a aucune forme d’apitoiement dans le récit, mais beaucoup de bienveillance. Il ne faut s’attendre, dans la série comme dans le livre, à aucune forme de méchanceté, aucune malversation : la douleur n’est pourtant pas absente de la vie des personnages, mais ici, il ne s’agit pas de quelque chose d’agencé, de romancé. Ce récit a quelque chose d’indéniablement beau et doux, à la lecture comme à l’écran.Appelez la sage-femme, Jennifer Worth, Albin Michel,
Octobre 2013, 458 pages, 20 €

[CONCOURS]

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.