Under the Dome, La série signée Stephen King

Une nouvelle série a fait l’actualité de ces dernières semaines en France, tout fraîchement diffusée sur M6 après son énorme succès aux US. Il s’agit bien sur de Under the Dome, la série inspirée de l’énorme roman Dome, de Stephen King. Il réalise la bête, qui est coproduite par Steven Spielberg. Rien que ça.

 Un condensé de l’oeuvre originale

Under the Dome, c’est d’abord l’histoire d’un compromis : en faire une série, d’accord. En faire une oeuvre d’épouvante aussi détaillée que l’est le roman original, il n’en était pas question. La série est diffusée dès 20h50 sur une grande chaîne, impossible de laisser libre cours à la folie du maître de l’épouvante durant le prime-time. En outre, même si le format série TV permet une dilatation du temps plus intéressante qu’un long-métrage (à moins de s’offrir une trilogie comme Peter Jackson), il est quasiment impossible d’honorer tous les détails de l’oeuvre tant elle est riche. Chaque chapitre est d’une densité maîtrisée.

 Une utopie fantastique

Le Dôme, c’est l’histoire d’une ville, Chester’s Mill, coupée du monde du jour au lendemain par un énorme dôme invisible, indestructible et surtout terriblement effrayant. Chaque habitant de la ville doit soudainement apprendre à vivre dans un microcosme à l’avenir incertain : vont-ils rester prisonniers de ce phénomène longtemps ? Est-ce que l’oxygène viendra à manquer ? La pluie, si nécessaire aux plantations, parviendra-t-elle jusqu’à Chester’s Mill ?

Bien entendu, chacun se demande également d’où vient ce dôme qui les emprisonne : est-ce une punition de Dieu ? Une protection contre le reste de l’humanité ? Une mise en garde ? Un test de l’armée ?

 Des thématiques chères à S. King

Cet univers cadenassé va vite devenir un enfer, autrement, nous ne serions pas chez Stephen King. Les gens commencent donc par s’entretuer, et par anéantir les règles qui pourraient faire fonctionner cette autarcie forcée. En somme, la population devient folle à lier, et les bêtises s’enchaînent à mesure que les petites intrigues se délient. Une fois encore, Stephen King semble nous dire : voyez, face à un danger commun, les hommes s’entretuent bêtement, au lieu de s’unir contre l’adversité.

Au passage, il n’épargne en rien les amateurs d’armes : vous pouvez être sûrs que ceux qui sont armés sont ridiculisés, et finissent par déclencher des catastrophes qui les dépassent. Il n’épargne pas non plus les hommes de Dieu, qui se prétendent messagers lorsqu’ils ne font qu’interpréter pour mieux manipuler le peuple.

 «Quoi, un criminel ?

Non. Pire : un politique.»

 Il ne fallait pas compter non plus sur l’auteur pour épargner les politiques. Comme dans Le Cobaye, il semble dire : Dieu est une arnaque, alors l’homme se prend pour Dieu.

 L’élu

Dans tout microcosme, il faut un élu. Les plus puissants, les plus méchants aussi penseront d’emblée à eux-mêmes, mais chez Stephen King, la vérité sort de la bouche des enfants, et c’est par leur sixième sens qu’on découvrira qui est celui qui doit régner sur ce microcosme, en protéger le coeur. Rien de bien mystérieux dans cette élection quasi-divine : comment ne pas y voir la métaphore écologique, la morale, le sens des responsabilités qui tient en otages plus soudainement, et plus sûrement que prévu dans la série : si tu ne prends pas soin de ta terre, elle t’anéantira comme une vulgaire petite mouche, dans d’atroces souffrances.

 La mère nourricière, le combat de l’anéantissement contre la préservation de l’écosystème : Voilà où cette première saison semble nous mener avant de nous laisser au seuil de la seconde, qui n’est malheureusement pas encore tournée et s’annonce pourtant déjà différente de l’oeuvre originale. Impossible de prévoir donc ce que nous réservera le duo King/Spielberg. Mais on est tenté, à raison, de suivre davantage le roman…. beaucoup plus riche, percutant, et sans consensus.

Tout ce que nous savons… c’est que…

The monarque will be couronned. 

Under the Dome. Une série créée par Brian K. Vaughan, d’après l’oeuvre de S. King.

 

Edit : pour connaître la suite, la vraie, et la véritable expérience que procure l’oeuvre originale, un bon conseil : courrez acheter le coffret Under the Dome de Stephen King chez votre libraire, ou bien allez sur Lalibrairie.com. Vous ne risquez absolument pas de le regretter !!! :) C’est paru chez Livre de poche !

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.