Sherlock Saison 3, de Steven Moffat et Mark Gatiss

Après une première saison très alléchante et une seconde plus que convaincante, Sherlock revient (eh oui, désolée de spoiler, mais avouez que vous vous en doutiez) de façon assez surprenante pour une saison 3 qui diffère un petit peu de ce qui avait été fait précédemment. On avait laissé notre héros en haut (ou plutôt en bas) d’un immeuble dont il venait de sauter… laissant Watson dans l’embarras. Deux ans après, il revient et fait la une de tous les journaux, et la surprise de son ancien complice et de sa logeuse.

On s’éloigne de plus en plus de l’oeuvre originale de Arthur Conan Doyle, même si l’ombre de Moriarty plane finalement toujours la vie et les aventures de Sherlock et de son acolyte Watson. Ce dernier prépare son mariage, et s’apprête à changer de vie pour le meilleur et pour le pire, au grand regret du célèbre détective qui s’inquiète un tantinet de voir disparaître une complicité efficace qui a fait ses preuves. Heureusement pour Watson, qui s’inquiète, lui, de voir le piquant disparaître de sa vie, son épouse le pousse à poursuivre l’aventure avec son ami.

Dans un sens, les héros deviennent plus proches de nous. Sherlock se montre soudainement plus tendre (mais toujours sans pitié), plus sentimental. Cela va-t-il durer ? Watson a trouvé la femme idéale, qui semble correspondre à toutes ses aspirations. Cette chance est-elle réellement un don du ciel ou une ruse du destin ?

D’un autre côté, ces épisodes insistent peut-être un peu trop sur le génie de Sherlock, qui est davantage mis en avant, sans réels arguments démonstratifs. L’idée de génie est davantage présente que ses actes géniaux… c’est ce qu’on pourrait retenir au regard des deux précédentes saisons qui sont véritablement extraordinaires et surprenants. Peut-être qu’on s’habitue à un mode de narration de plus en plus rodé ?

Par ailleurs, l’intrigue principale est parfois noyée au coeur de plusieurs autres intrigues, ce qui rend l’ensemble un peu confus, difficile à suivre. Fort heureusement, il y a l’arrivée de la femme de Watson, Mary Morstan, interprétée par Amanda Abbington : un personnage très intéressant, innovant, qui vient revigorer une saison 3 avec beaucoup de charme, de charisme et de mystère. Elle vient s’ajouter aux deux héros pour former un triangle de choc plus complexe qu’on ne le pensait…

Une série malgré tout riche en rebondissements pour cette saison 3 qui saura vous tenir en halène malgré la surdose de compliments implicites faits au génie de Sherlock. Une saison qui sort en DVD chez France Télévision Distribution début juin !

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.