The Beauty and The Beast de Jennifer Levin et Sherri Cooper

Actuellement à l’affiche au théâtre sous forme de comédie musicale, La belle et la bête est un conte connu à travers le monde entier qui date en réalité du IIe siècle. La plus vieille adaptation au cinéma n’est pas celle de Cocteau, qui est sortie en 1946, mais a été achevée par Pathé Frères en 1899.

Ce que nous propose aujourd’hui la série Beauty & the Beast (saison 1) c’est de transposer ce conte à notre époque, aux Etats-Unis avec pour toile de fond une certaine théorie du complot en rapport avec l’armée américaine. Ici, l’armée serait cette méchante sorcière qui a un jour transformé un bellâtre, Vincent Keller, en authentique machine à tuer ressemblant à s’y méprendre à un lion dans les moments où l’adrénaline grimpe dans ses veines.

Tout a commencé en 2001, lorsque les tours jumelles se sont effondrées. Vincent Keller, alors médecin urgentiste dans un hôpital New-Yorkais perd ses deux frères qui travaillaient au WTC. De dépit, il s’engage dans l’armée américaine et part en Afghanistan où il fera partie d’un programme secret organisé par la méchante organisation Muirfield. Le but de cette opération est de sélectionner quelques soldats vertueux, et de modifier leur ADN avec celui d’animaux sauvages afin d’en faire des super soldats. Malheureusement, ceux-ci deviennent incontrôlables et l’organisation décide donc de s’en débarrasser. Vincent Keller est le dernier soldat, celui qu’ils n’ont pas pu attraper.

Mais The Beauty & The Beast ne serait pas une parfaite adaptation sans l’histoire d’amour qui va avec cette malédiction. Vincent Keller rencontre donc Catherine Chandler… qui est bien sûr inspecteur de police. Celle-ci découvre qu’elle connaît « le monstre » depuis plus longtemps qu’elle ne le pense, et que sa mère, assassinée 9 ans plus tôt, était impliquée dans le projet Muirfield… Ainsi recommence la chasse à l’homme en même temps qu’un chassé-croisé amoureux comme on les aime !

Ce qui est intéressant, c’est justement ce point de départ de la série. Donner comme point de départ l’attentat des tours jumelles était un peu risqué dans le sens où l’on aurait pu penser que les réalisateurs en rajoutaient sur la culpabilité du moyen-orient. Mais en fin de compte, ils s’attaquent très clairement aux manoeuvres de l’armée, et les fédéraux ne seront pas épargnés non plus.

On s’attache bien évidemment à ces personnages qui peu à peu sortiront de leur petit cercle protégé pour être de plus en plus exposés, et donc en danger. L’histoire d’amour subit des revers et des soubresauts dignes de celle qui existe entre Olivia Dunham et Peter Bishop dans Fringe. Tout n’est pas simple, même si ici la belle est prête à tout accepter de la part de son monstre vertueux.

Une série qui se regarde assez bien, devant laquelle on se surprend parfois à éprouve un peu d’angoisse. Peut-être parce qu’au fond, la bête est en chacun de nous… peu importe la raison, rien n’est jamais ni tout blanc ni tout noir. Un bel esprit qui anime cette série dont on pourrait croire au contraire qu’elle galvanise l’égo américain.

Apparemment, la seconde saison est tournée. Vivement son arrivée en France ! En attendant vous avez la saison 1 qui est disponible en DVD !

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.