Les combattants, de Thomas Cailley

Les survivants

Jeune adulte quelque peu perdu, Arnaud passe ses vacances entre l’entreprise familiale et les potes. Sa rencontre avec Madeleine va bouleverser son quotidien. Il veut seulement vivre elle veut survivre. Sous le charme de la jeune femme, il la suit dans un stage de préparation militaire ; avec au bout le goût de l’aventure…


Drôle d’objet que ce premier film de Thomas Cailley. Pourtant à la mise en place, encore une énième comédie, avec en point de mire les vacances et le Sud de la France. Mais à y regarder de plus près, tout pas rose et de furieuses images parsemées ci et là annoncent d’ores et déjà le pseudo drame à venir. Si bien romance il y a, on assiste progressivement à une quête initiatique lorgnant autant vers Laughton et La nuit du chasseur que les comédies acidulées belges ou québécoises. Ici les plages et le soleil sont remplacées par une situation économique locale moins reluisante, une jeunesse qui se cherche (jusqu’à partir dans la province canadienne, l’herbe toujours plus verte ailleurs) et le gigantesque incendie image relevant plus de l’apocalypse que des photos souvenirs que l’on montre au retour des séjours dans la région.


Et puis il y a nos deux protagonistes un peu paumés entre l’un cherchant sa propre identité et l’autre échappé quelque peu à la sienne. Leur rapport à l’autorité et leurs buts à l’opposé et pourtant ils vont s’aimer après s’être détesté. Symboles d’une jeunesse singulière à l’avenir incertain, Arnaud et Madeleine vont tracer leur chemin dans une forêt pas si hostile, en tout cas beaucoup moins que les affres piquants de la civilisation. Car à leur retour c’est bel et bien un désastre qui les attend. Porté par les dialogues claquants et l’énergie de la mise en scène, les protagonistes s’embarquent dans une aventure lyrique tout à fait réjouissante dans les deux tiers du film. Malheureusement les incohérences viennent quelque peu gâcher la fin d’un récit réjouissant, récit que le cinéaste peine à conclure efficacement.
Cependant ce serait malgré ces écueils, injuste de bouder ce réjouissant parcours d’apprentissage bien loin de la dureté de Full Metal Jacket mais parfois proche de son cynisme.
Film français de Thomas Cailley avec Adèle Haenel,  Kevin Azaïs , William Lebghil. Durée 1h38. Sortie le 20 août 2014

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About François Verstraete

François VERSTRAETE, spécialiste des cultures obliques (manga, comics, SF, JdR, JCC, MMorpg) et du cinéma de genre