Orphan Black, de Graeme Manson et John Fawcett

La série à visage unique

Marginale et orpheline, Sarah est témoin du suicide d’une femme. Après réflexion, elle décide de prendre l’identité de cette dernière, qui lui ressemble étonnamment. Elle découvre qu’elles sont en fait deux clones, que d’autres existent et sont la cible d’un tueur qui tente de les éliminer une à une.


Tatiana Maslany tient sans doute ici la clé de sa révélation dans le monde du cinéma : nous pouvons fouiller longtemps avant d’imaginer quelqu’un d’autre pouvoir incarner un rôle si schizophrène. Il n’aura pas fallu davantage que 10 épisodes pour vous rendre accro à cette série d’une finesse rare.
Vous qui pensiez tomber sur un de ces spécimens au sujet facile, puisé dans quelque épisode d’X-files ou de Fringe, vous allez vous heurter à quelque chose de plus complexe qu’il n’y parait.


Orphan Black parle bien sûr de conspiration. Nous sommes aux Etats-Unis, mais pas seulement, puisqu’au coeur de l’histoire se baladent des sosies éparpillés dans le monde entier. En trame de fond plane une expérience scientifique douteuse, illégale et immorale, perpétrée à l’échelle mondiale donc.

L’histoire est amenée très vite, tout est très bien cousu, et les rebondissements et divers doutes peuplent en nombre chacun des épisodes. Mais le véritable sujet de Orphan Black est multiple et doit être lu entre les lignes : que fait-on d’un visage qui ne nous appartient pas réellement ? Et si c’était moi, le modèle de cette série innombrable de clones ? Que veut cette organisation ? Quel est ce virus qui semble toucher parfois l’une d’entre nous ?
Comment est-il possible de vivre tant d’années sans connaître cette conspiration dont on est peut-être le point de départ ? Qui peut-on réellement considérer comme sa famille…. ?

Orphane Black est une série dangereuse, son voltage est assez élevé, et l’addiction s’insinue au fil des épisodes pour vous laisser sur le carreau juste à la fin. On attend donc la seconde saison qui est déjà en préparation et promet d’être tout aussi palpitante.

On salue, bien évidemment, la performance de Tatiana Maslany qui incarne un peu moins d’une dizaine de personnages portant tous le même visage, mais qui ont des caractères très opposés, jusque dans les moindres détails… Une prouesse rarement égalée. A côté, deux Olivia Dunham c’est super petit. Bravo.

Orphan Black, réalisé par Graeme Manson et John Fawcett, avec Tatiana Maslany. Maria Doyle Kennedy… en DVD depuis février 2014. FranceTV Distribution.

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.