Dexter, saisons 7 et 8

Comment parler de Dexter, de cette série désormais devenue culte sans en dévoiler les ficelles et l’issue ?
Les créateurs du personnage ont réussi le pari absolument fou de nous faire aduler un serial killer, en la personne de Dexter Morgane. Mieux encore, ils ont repoussé les limites du rebondissement à répétition en assurant une longévité record à un sujet qui était d’emblée voué à l’étroitesse. C’est ici que les créateurs de Prison Break ont échoué, dénaturant lamentablement un concept faute de pouvoir assurer son avenir.



L’histoire du héros s’achève donc avec une huitième saison brillante, symbolique, cathartique, héroïque. On l’attendait, cette fin toujours repoussée, nous faisant grincer des dents, craindre le naufrage, l’échec. Nous avons eu quelques frayeurs, avec une saison 6 un peu chaotique, rattrapée par une fin théâtrale marquée par un suspens jamais égalé.

La saison 7 laissait craindre un chaos plus grand encore, marquée par quelques événements laissés parfois en suspens, et surtout par un changement de caractère assez flagrant des personnages principaux. La disparition de l’un d’eux surtout, présent depuis le début viendra définitivement briser la routine d’une série sur le fil. La multiplication des intrigues et des figures du mal viendra encore perturber un équilibre incontestablement mis à mal.

Un instant, on pense que le mal est incarné par la personne même de Dexter durant la saison 7. On se range d’un côté que nous n’avions jamais exploré, espérant peut-être que tout s’arrête et que cela passe par sa disparition. Quand la saison s’achève, on se demande vraiment où on entraîne le spectateur…
La présence de Charlotte Rampling dans la saison 8 vient réhausser le ton, redore l’image d’une série que l’on pensait ranger du côté des mal achevées. La filiation est explorée d’une autre façon, l’univers de Dexter se resserre mais se déploie également : il s’ouvre à d’autres possibles, à d’autres choix, à d’autres libertés jamais explorées auparavant. Indéniablement, le changement perçu chez ce personnage durant la saison précédente s’affine et vient tout naturellement clore une série d’une façon que l’on attendait pas, alors qu’on en imaginait plusieurs autres…

On dit que l’on reconnaît une excellente série à sa façon de se terminer, à la façon dont ses créateurs mettent fin à tout. Celle-ci rejoint belle et bien cette catégorie de séries totalement abouties, aux côtés de Twin Peaks, Six Feet Under, The Fear et Top of the Lake.

Dexter, série créée par James Manos Jr, avec Michael C Hall, Jennifer Carpenter… etc.

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.