Madame Diogène, de Aurélien Delsaux

Voilà un huis-clos bien intéressant. D’abord, parce qu’il en existe peu désormais dans la littérature francophone, ensuite parce qu’il est porté par un personnage qui attire l’attention.


Madame Diogène, c’est son nom, a quelque chose de Bernadette Bernardin (lire Les catilinaires, d’Amélie Nothomb). Elle donne à ce petit roman peu commun l’allure d’une fable tragique, bien que tout, absolument tout relève dans cette histoire d’un drame ordinaire. Si l’on était chez Guillaume Sorel, on s’attendrait à voir surgir un monstre, ou une sirène suspendue au lustre empoussiéré. L’histoire, c’est celle de cette femme qui ère seule dans son appartement à la recherche de quelque chose qui lui échappe, et qui nous échappe également. Elle est de ces personnes qui cherchent encore sans savoir ce qu’elles cherchent, par désespoir ou grande détresse, lorgnant un dernier rayon de soleil, tapies dans l’ombre, leur refuge.
Aurélien Delsaux sublime cette détresse ordinaire que l’on ne sait plus voir ni comprendre, et d’une main de maître nous entraîne au coeur d’un feu auquel on n’aurait pu s’attendre.

Madame Diogène, Aurélien Delsaux, Aout 2014, 144 pages, 13,50 €

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.