Superman, de Richard Donner

Les aventures d’un extra-terrestre échu sur Terre après la destruction de son monde natal, puis élevé par un couple de fermiers. Adoptant l’alias de Superman, il use alors de ses pouvoirs pour protéger le monde.

 1978. Batman n’est pas encore devenu The Dark Knight, Sam Raimi réalise des courts métrages et la franchise X-men n’est pas encore la série la plus juteuse de l’industrie des comics book. Pourtant près de trente-cinq ans avant le triomphe d’Avengers sur grand écran, Richard Donner donne ses lettres de noblesse au genre populaire le plus huppé de nos jours. Et exercice hautement périlleux au départ puisque Donner choisit de porter à l’écran le premier super-héros de l’histoire, le désormais célèbre Superman.

Pour le réalisateur de La malédiction, c’est une forme de consécration que de transposer le personnage sur grand écran, avec des moyens colossaux comparés à ses standards habituels. Qui plus est, il dirige finalement la star émergente Gene Hackman et le génialissime Marlon Brando. Résultat, si on ne peut parler de chef d’œuvre, Donner signe un classique instantané que bon nombre de ses successeurs imitera tant dans la forme et la structure narrative.

Les quarante premières minutes d’exposition sont-elles mêmes un modèle du genre dans tous les sens du terme. Ce qui est à la base un scénario de science-fiction devient un véritable film de super-héros avec le récit des origines et l’apprentissage de notre héros. Ce qui est devenu une norme actuellement (du Spiderman de Raimi en passant par le Batman de Nolan ou encore Iron Man) fut à l’époque l’essence narrative même du récit avant même de parler de souffle épique. Bercées par la musique de John Williams, ces premières minutes sont imprégnées d’une élégance, d’un lyrisme salvateur conférant une véritable aura classique au long-métrage. La mort de Jonathan Kent et les adieux entre un fils et sa mère sont proprement bouleversants. Si la suite reste digeste bien que digne parfois d’une comédie légère parfois mal maîtrisée, c’est bien grâce à cette première partie, on peut le dire héroïque. D’ailleurs, le protagoniste principal est le précurseur des années Reagan, censé défendre la justice, la vérité et l’idéal américain. Pourtant derrière cette propagande patriotique quelque peu excessive, Donner accouche d’un spectacle novateur et ce, un an après la déferlante Star Wars.

Quand à Christopher Reeve, en faisant croire au spectateur qu’un homme pouvait voler, il donna vie au rêve d’Icare comme personne avant lui, et devint par là même le père spirituel de la génération de héros d’aujourd’hui.

Film américain de Richard Donner avec Christopher Reeve, Margot Kidder, Gene Hackman et Marlon Brando. Durée 2h25. 1979

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About François Verstraete

François VERSTRAETE, spécialiste des cultures obliques (manga, comics, SF, JdR, JCC, MMorpg) et du cinéma de genre