La belle et la bête, de Bill Condon

Un jour mon prince viendra…

France, fin du dix-huitième siècle. Belle une jeune femme érudite vit avec son père, inventeur sans le sou. Lorsque ce dernier se retrouve enfermé dans les geôles d’une créature humanoïde féroce, elle n’hésite pas à prendre sa place. Peu à peu, un jeu de séduction va commencer entre la Belle et La Bête, cette dernière n’étant pas aussi monstrueuse qu’on ne le croit.

Après Le livre de la jungl et Cendrilon, La belle et la bête devient le troisième film des studios Disney à intégrer la catégorie Disney Live. Autrement dit, ils s’efforcent de remettre au goût du jour et de porter à l’écran leurs classiques animés avec des acteurs de chair et de sang. Démonstration technique, opération découverte ou encore raviver de vieux souvenirs, l’entreprise peut paraître noble…ou outrageusement commerciale. Avec La belle et la bête le problème devient binaire. D’une part, le dessin animé original ne confinait pas au génie, et d’autre part le souvenir de l’œuvre de Cocteau, adaptation insurpassable du roman original a ombragé toutes les autres tentatives de porter l’œuvre sur grand écran.

C’est pourquoi Bill Condon s’appuie sur les forces des autres productions de la firme en mettant en scène une comédie musicale baroque, à la narration décousue et aux effets démesurés. Evidemment on assiste tout du long à un produit très calibré mais se détournant de temps à autre du politiquement correct affiché régulièrement par le studio. Si la morale simple et efficace perdure, elle est ici rejointe par bon nombre d’allusions sexuelles non plus sous-jacentes mais carrément transparentes. En outre, Emma Watson affiche une énergie remarquable dans le rôle principal et se distingue par une intelligence et une masculinité peu commune pour un personnage de la firme aux grandes oreilles.

Au final, certes le film ne brille guère ni par son originalité, ni sa mise en scène. Mais certains choix pertinents, casting en tête, parviennent à hisser ce show au niveau de friandise luxueuse sans saveur mais oh combien digeste.

Film américain de Bill Condon avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans. Durée 2h09. Sortie le 22 mars 2017

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About François Verstraete

François VERSTRAETE, spécialiste des cultures obliques (manga, comics, SF, JdR, JCC, MMorpg) et du cinéma de genre