Obsessions, la vérité n’est pas là où on la croit

La quête du sens

Certains dédient leur vie à Dieu ou à sa quête. D’autres rêvent d’une Révolution ou d’un retour à un ordre ancien, fantasmé par eux. Il y a ceux qui rêvent de la race aussi. Moi, je n’ai pas d’autre but que de partager mon amour du roman noir avec d’autres. Et avec toi, Églantine. Toi qui est réfractaire au genre, je te prends par la main et je te fais la lecture de ces livres qui parfois font peur, souvent fascinent. Pourquoi ? Parce que tu en vaux la peine, Églantine…

Une psychologue qui écrit

Psychologue clinicienne donc, Luana Lewis a déjà vu son premier roman, Ne t’approche pas, traduit par les éditions Denoël en 2016. Elle récidive ici avec Obsessions, un thriller qui se veut aussi, on va le voir, une plongée dans la psyché troublée d’une femme. Oui, ce n’est pas peu dire… Obsessions vaut-il cependant le coup ?

Tout pour réussir et pourtant…

Belle, intelligente, mariée à un homme riche, Vivien a tout pour être heureuse et être enviée des autres femmes. Pourtant, on la retrouve morte dans Regent’s Canal. Verdict de l’enquête : elle s’est suicidée, au grand désespoir de sa famille. Rose, sa mère, est persuadée que quelque chose s’est passé et demande à un ancien journaliste, Isaac, lui-même endeuillé par la mort de son fils, de reprendre les investigations. D’abord réticent, Isaac se laisse prendre au jeu. Il découvrira que le fils de Vivien, Rose, a en fait été adopté. Et quelle est la nature exacte de la relation qui l’a uni à Charlotte, sa meilleure amie au lycée et l’ex copine de son mari Mark ? Plus Isaac avance, plus il plonge dans des eaux troubles…

Un thriller réussi

Ici, nous ne sommes pas dans un roman noir mais un thriller mâtiné de polar, consacré effectivement à une femme très perturbée. Le ton est efficace, alternant présent et passé, points de vue différents sur la vie de Vivien. Cette dernière est une prédatrice autant qu’une victime, un leurre troublant diraient certains psychiatres. Obsessions fonctionne très bien et on ne peut que le recommander aux amateurs, nombreux.

 

Alors Églantine, vas-tu le lire celui-là ?

Tu en as lu quelques pages et… Non, cela ne te plaît pas. Pourquoi ne me fais tu pas confiance, Églantine ? Essaie… Juste quelques pages. N’aie aucune crainte.

Un jour, Églantine, tu comprendras la grandeur du genre. Et beaucoup d’autres choses aussi.

 

Sylvain Bonnet

Luana Lewis,  Obsessions, traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Arnaud Baignot, Denoël « Sueurs froides », pages, 21,50 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.