Un moindre mal, crime à Cape Cod

Bienvenue, Joe Flanagan

De Joe Flanagan, on ne pourra pas dire grand-chose vu qu’Un moindre mal est son premier roman. On sait déjà que c’est un journaliste et éditeur issu de la région – Cape Cod – où se passe ce roman. On peut ici saluer déjà l’effort de Flanagan qui écrit en partie sur ce qu’il connaît, ce que ne font pas beaucoup de jeunes écrivains. Or c’est parfois source de réussite. Le bandeau publicitaire le compare rien moins qu’à James Ellroy, ce qui intrigue et aussi « charge la barque » : et si Un moindre mal n’était juste qu’un pétard mouillé ?

Back to the 50’s

Des enfants sont retrouvés morts assassinés dans la région de Cape Cod, terrorisant la population. Une famille disparaît aussi, sans susciter autant d’émoi. L’affaire tombe dans les mains du lieutenant Warren, enquêteur hors pair et chef par intérim de la Police locale. Warren est un homme intègre qui se démène dans un service de police gangrénée par la corruption. C’est aussi un homme qui a une vie privée désastreuse : sa femme l’a quitté, le laissant seul avec son fils handicapé. Warren commence l’enquête, jusqu’à ce que Stasiak de la Police d’Etat la reprenne. Le courant passe mal entre les deux hommes. Surtout que nombre de rumeurs entourent Stasiak, homme trouble, de sac et de cordes. Peu soutenu par les élus et sa hiérarchie, Warren s’accroche, loin de se douter des risques qu’il prend, pour lui et sa famille.

Un roman qui décoiffe

Un moindre mal tient en haleine le lecteur avec brio. On se demande longtemps si le coupable des meurtres est un prêtre catholique (l’actualité récente aide). Cependant, c’est surtout la description du milieu policier, à ses différents échelons, qui interpelle le lecteur contemporain. Car Stasiak cache nombre de secrets et de liens avec… Non je ne spoilerai pas (premier commandement du critique du XXIe siècle) mais croyez-moi, ça vaut le détour. On gage que Flanagan a accumulé pas mal de documentation via sa profession de journaliste. Nous voici en tout cas assez enthousiastes sur son roman. À quand un autre ?

 

Sylvain Bonnet

Joe Flanagan, Un moindre mal, Gallmeister « noire », traduit de l’anglais (États-Unis) par Janique Join-de Laurens, mars 2017, 480 pages, 24,10 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.