Sans lendemain, mauvais karma

Quand Billie rencontre Amberly…

Années 40, l’après-guerre aux Etats-Unis. Billie est une jeune femme employée par des studios de Powerty Row et essaie de placer des séries B dans les salles de divers coins paumés des Etats-Unis. Elle débarque à Stock’s Settlement dans l’Arkansas où le propriétaire de la salle, Claude Jeter, lui explique qu’il ne peut pas prendre ses films à cause du pasteur local, un bigot aveugle qui vitupère contre la Babylone hollywoodienne. Billie décide d’aller le voir et se heurte à un mur. Mais le bigot a une femme ravissante, Amberly. Billie la séduit, couche avec elle et… S’enfuit. C’est le style de Billie, séductrice qui ne veut pas s’établir. Des semaines plus tard, elle reçoit un courrier de Jeter qui lui explique qu’il est prêt à prendre des films à la condition qu’elle revienne parler avec le pasteur. Billie, hantée par le souvenir d’Amberly, arrive aussi sec. Le pasteur la bat et la menace de dénoncer ses mœurs dépravées sauf si Billie tue sa femme, la jolie Amberly. Que va faire Billie ?

Un roman noir classique

Nous n’avions pas lu les deux précédents romans d’Hinkson, L’homme posthume et L’enfer de Church Street, respectivement parus en 2015 et 2016. Sans lendemain, roman plutôt réussi, joue sur deux cordes. Il y a d’abord un hommage conscient à Hollywood, à travers l’évocation de Poverty Row, puis au film noir et au roman noir. On pense au Facteur sonne toujours deux fois et Assurance sur la mort de James Cain, ainsi qu’à leurs adaptations cinématographiques (permettons-nous ici de préférer le film de Billy Wilder). Il y a ensuite cette histoire d’amour entre femmes, touche « moderne », impossible à évoquer à l’époque et encore plus dans le contexte très particulier du Sud profond. Reste que dans sa forme comme dans son style, Sans lendemain est un roman noir très classique, sans espoir à la fin pour son héroïne, Billie.

« Classique », chers lecteurs, est un beau compliment. À lire donc.

 

Sylvain Bonnet

Jake Hinkson,  Sans lendemain, traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Aslanides, Gallmeister collection « americana », février 2018, 224 pages, 19,90 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.