Entretien avec Jane Magnusson

C’est au cœur de l’institut suédois que s’est tenu un entretien avec Jane Magnusson, à l’occasion de la sortie de Bergman, une année dans une vie. Une occasion de mieux connaître la cinéaste en quelques questions.

Pilc : Pourquoi avoir choisi de tourner un énième documentaire sur Ingmar Bergamn, surtout après en avoir réalisé deux autres ? N’aviez vous pas peur de vous répéter ?

 

Jane Magnusson : Au départ, je ne voulais pas le faire. J’étais très fatiguée. En outre, les producteurs disaient encore un autre film sur Bergman…Mais il fallait faire quelque chose pour le centième anniversaire. C’était important. Je suis donc partie de l’année 1957. C’était une année charnière très importante. Il y avait le Septième sceau, un film iconique plus un grand nombre d’œuvres la même année, ce qui en faisait une année très riche.

Pilc : Était-il difficile d’évoquer tous les aspects de sa vie ; surtout les plus sombres ?

JM : Non pas du tout. Bergman ne cachait rien de sa vie et le public connaissait tout. Tout le monde connaissait ses caractères, ses liaisons. On savait du coup qu’il avait de nombreux enfants issus de ses liaisons, de ses nombreux mariages. Cela ne le gênait pas.

Pilc : Comment et quand avez-vous découvert l’œuvre de Bergman ? Vous a-t-elle fasciné immédiatement ?

JM : Même si je suis suédoise, je ne l’ai découvert que lors de mes études aux Etats-Unis. Son cinéma n’était pas populaire partout en Suède. Mes parents ne l’appréciaient pas, en particulier son film, Le silence et son côté sulfureux…Ce n’est qu’aux Etats-Unis que je l’ai étudié. Là-bas s’intéresser à Bergman était atypique voir populaire. Même si certains me trouvaient ennuyeux avec lui…pour eux Scorsese ou Tarantino étaient plus cool… Je ne me suis pas dit tout de suite quel génie. Mais en l’étudiant au fil du temps, je l’ai apprécié.

Pilc : Quel aspect de sa personnalité admirez-vous le plus ?

JM : Son honnêteté. Tout le monde ment y compris à travers les films. Lui n’hésitait pas à tout dire.

 

Pilc : Quel est votre film préféré de Bergman ?

 

JM : Ah tout le monde me pose cette question…Au début je disais Persona comme beaucoup. Mais aujourd’hui je dirais Saraband, son dernier film, le plus abouti et le plus véridique.

 

Pilc : Pouvez-vous nous parler des autres réalisateurs ou films que vous aimez ?

JM : Chris Marker. Il est extraordinaire. Sinon Jane Campion. La Leçon de piano, quel chef-d’œuvre !!! J’aime bien Claire Denis également.

Pilc : Quels sont vos projets maintenant ?

JM : Je tourne actuellement, un documentaire sur Madeleine Stewart (ndlr un top model). Je l’ai rencontrée ces jours-ci lors de la Fashion Week à Londres. Du coup j’en ai profité pour faire un aller-retour entre Londres et Paris.

Propos recueillis et traduits par Verstraete François

Un grand merci à l’équipe de Carlotta qui a permis cette entrevue.

 

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About François Verstraete

François VERSTRAETE, spécialiste des cultures obliques (manga, comics, SF, JdR, JCC, MMorpg) et du cinéma de genre