La mort vivante

De Olivier Vatine et Alberto Varanda

Joachim, un jeune scientifique menant des recherches prohibées, est enlevé par une puissante et mystérieuse femme recluse sur l’ancienne Terre : Martha. Pour se remettre du drame qui la hante depuis des mois, celle-ci lui ordonne l’impossible : ressusciter sa fille, Lise, ayant fait une chute mortelle lors de fouilles archéologiques. Joachim, qui voit là une opportunité de continuer ses travaux en toute liberté, accepte ce rôle de père créateur. Après avoir récupéré le matériel nécessaire grâce à la fortune de Martha, il se lance alors dans cette expérience qui pourrait bien s’avérer irréversible. Car on ne redonne pas impunément vie à la Mort…

Tout ceci est un point de départ plutôt prometteur pour le roman graphique de Olivier Vatine et Alberto Varanda. Le dessin est somptueux, la couverture très engageante. L’ensemble confère un mystère qui attise la curiosité. L’idée d’un futur où l’on habite désormais une nouvelle planète depuis laquelle la Terre est accessible en vaisseau spacial est elle aussi séduisante. On pense bien évidemment à Jules Verne, à Lovecraft bien sûr, et on se laisse tout de suite emporter par l’histoire de cette petite fille décédée dans de mystérieuses circonstances sous les yeux de ses parents.

Puis le récit tourne un peu plus vers une version Frankenstein. Jouer avec la science peut se révéler tout aussi amusant et enthousiasmant que dangereux. A trop vouloir faire revenir les vivants dans un monde qui semble avoir déjà été tiré dans tous les sens de ses possibilités, on finit par s’attirer des ennuis. Alors, la frontière entre génie informatique, numérique et biologie est prête à éclater…

Varanda nous offre ici 72 pages Noir & Blanc somptueuses. Nombreuses sont les histoires de revenants où la monstruosité flirte avec la mignonnerie. Ici, la frontière explose en deux pages. Le seul point noir de l’ouvrage demeurant en une fin un peu trop éparpillée, qui donne l’impression d’être bâclée. On est pas passés loin du Chef-d’œuvre.

Glénat, septembre 2018, 72 pages.

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.