Un nouveau jour sur terre

A l’heure où les préoccupations communes se tournent de plus en plus vers l’écologie, l’avenir de la planète et la survie de l’humanité (du moins on l’espère), qu’il est bon de voir arriver au cinéma un long-métrage invitant à découvrir ou redécouvrir la nature et la richesse de la terre.

C’est exactement le but visé par le film de Peter Webber. Condensé savamment orchestré d’images tournées ou non expressément pour l’occasion, Un nouveau jour sur terre nous convie à un voyage de 24 heures sur la plus riche et la plus étonnante de toutes les planètes : la nôtre.

Première merveille de l’univers s’il en est, la Terre possède ce que nulle autre planète ne peut offrir. La lumière, les ténèbres, l’eau, l’air, le feu, la terre, le relief, la végétation, une faune extraordinaire. Ses habitants, qu’ils soient humains ou non, ont l’étrange et bienvenue faculté de s’adapter à toutes les situations. En cela, au moins, nous sommes les égaux (ou peu s’en faut) des animaux.

La diversité des espèces est incroyable. Les redécouvrir en partie, et ce n’est pas ici un florilège ou une exposition débordante, est un véritable régal des yeux, une superbe opportunité de réfléchir également. La nature est à l’œuvre et bien que ponctué de moments très drôles, le film montre tantôt de belles histoires qui finissent bien, tantôt comment la nature peut être cruelle. A ce stade, la main de l’homme est absente. Les animaux, eux, savent se battre pour leur survie, et n’éprouvent aucune pitié, cela va de soi.

La caméra est toujours très astucieuse, certaines images sont d’une beauté foudroyante. L’habileté avec laquelle certaines scènes sont filmées est déconcertante : en témoigne par exemple celle qui met en scène des reptiles.

Le climat étant bien évidemment à l’esprit de chacun des spectateurs qui courent voir ce film, une crainte demeure tout au long de la séance : celle de voir ce monde harmonieux et magnifique brisé par l’intervention de la main de l’homme.

Ce n’est cependant pas le but de Peter Webber semble-t-il. Aussi, c’est seulement à la nuit tombée, lorsque la lumière se fait rare, que la caméra s’en va fureter au-dessus des villes où habitent les humains. Ces humains qui, contrairement aux animaux, défient les lois de la nature à chaque instant, inventant une façon d’illuminer le ciel lorsqu’il fait nuit, de l’éteindre lorsqu’il fait jour.

L’instant est court, la leçon très brève : mais l’on comprend d’emblée que cette espèce, la nôtre, est la seule à s’affranchir des règles communes, elle est la seule à rêver de merveilles lointaines alors qu’elle possède déjà toutes les richesses possibles. Nous sommes les seuls à nous plaindre de notre habitat naturel, à chercher ailleurs ce que nous possédons déjà, et ne voyons plus. Rien n’est dit dans le film, mais cette pensée nous effleure l’esprit lorsque les lumières de la salle se rallument : pourquoi ?

Date de sortie 5 septembre 2018 (1h 34min)

De Peter Webber, Richard Dale plus

Avec Lambert Wilson, Robert Redford, Jackie Chan

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.