Aquaman

L’homme de l’Atlantide

 

Fruit de l’amour interdit entre une reine atlante et un homme ordinaire, Arthur Curry alias Aquaman s’est engagé sur la voie héroïque nanti de capacités extraordinaires. Il devra renouer des liens avec son peuple maternel pour éviter une guerre propice à dévaster le monde.

Force est de constater qu’à défaut d’attirer des réalisateurs renommés pour leur talent, les films de super-héros ne cessent de compter à leur casting en revanche parmi les acteurs les plus doués d’Hollywood, ce depuis le premier Superman de Richard Donner. Ici, Nicole Kidman et Willem Dafoe rejoignent Marlon Brando, Gene Hackman, George Clooney, Christian Bale, Gary Oldman, Robert Redford, Michael Caine, Morgan Freeman ou encore Glen Close qui sont tous passés par le genre avec des réussites diverses.

Passé cet aparté, Warner poursuit donc le développement de son Dc Universe depuis le Man of Steel de Zack Znyder. Si chaque film a connu des fortunes variées au box-office, il faut souligner en revanche le manque de qualité de l’ensemble si ce n’est de cohérence. Pour retrouver de l’allant, le studio place au scénario Geoff Johns en lieu et place de Zack Znyder. Scénariste de comic book très estimé auteur notamment de la saga War of light, il a travaillé également sur les différentes séries d’animation consacrées aux super-héros de la firme.

Ici, il doit donc fournir au réalisateur James Wan (connu surtout pour avoir officié sur Fast and Furious 7) une histoire digne de ce nom pour le roi des mers. Tâche ardue s’il en est tant le personnage ne brille pas par sa popularité auprès d’un large public. D’ailleurs s’il appartenait déjà au casting de Justice League, le naufrage de l’ensemble n’a point aidé à redorer le blason de l’hybride mi-homme, mi-atlante.

Dans une entreprise de reconquête des spectateurs, Wan et Johns optent en partie pour une exposition des origines censées d’ailleurs expliquer les enjeux à venir. L’amour impossible entre deux êtres issus de cultures fondamentalement opposées va conduire à une escalade d’événements tragiques et l’accession d’un tyran sur le trône d’Atlantis. Jusque-là rien de bien original. Pourtant, James Wan surprend par les partis pris esthétiques mélange de fantasy pour décrire Atlantis (à l’instar des choix de Disney pour montrer Asgard) mais aussi plus surprenant de pulps avec la quête de l’artefact. Valorisés certes par des moyens financiers conséquents, ces démonstrations visuelles ont au moins le mérite d’être efficaces. A contrario du script et des dialogues.

Le film en effet est plombé par la pesanteur de répliques d’une pauvreté affligeantes accouplées très souvent à une mise en scène des plus convenues, dont d’autres blockbusters usent déjà trop souvent. Le cahier des charges doit être rempli pour James Wan mais très souvent sans aucune personnalité ni aucun charme. Le spectateur se retrouve donc la plupart du temps devant un produit insipide.

Pourtant derrière le fatras incessant et assourdissant de l’ensemble, Aquaman sort la tête hors de l’eau pour s’accorder si ce n’est du génie au moins un vent de folie qui le rend à cet instant un tant soit peu attachant. Ce n’est que lorsqu’il plonge dans le n’importe quoi à l’image du chaos apocalyptique final, que le long métrage gagne en identité. Il est d’ailleurs fort dommage que James Wan et Geoff Johns n’aient pas davantage misé sur cet aspect.

Trop souvent dévoré par non seulement les clichés du genre mais également par ceux du blockbuster contemporain, Aquaman est loin d’extraire le Dc Universe du marasme dans lequel il s’embourbe. Pourtant, les étincelles qui parsèment ça et là le long métrage laissent penser que l’ensemble mieux dirigé aurait pu s’embraser au lieu d’engendrer un énième pétard mouillé.

Film américain de James Wan avec Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dadfoe. Durée 2h24. Sortie le 19 décembre 2018.

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About François Verstraete

François VERSTRAETE, spécialiste des cultures obliques (manga, comics, SF, JdR, JCC, MMorpg) et du cinéma de genre