Les entretiens oubliés d’Hitler, quand le fürher séduisait la presse

le goût des marges

Journaliste réputé, Eric Branca a publié nombre de livres dont une biographie de Jacques Chirac et surtout une Histoire secrète de la droite (Plon, 2008) assez savoureuse. Cependant, il a fait surtout beaucoup parler de lui en publiant chez Perrin en 2017 L’ami américain, Washington contre de Gaulle qui retraçait avec beaucoup de minutie la constante francophobie de l’Oncle Sam (sauf chez Nixon et Kissinger). Il vient de publier, toujours chez Perrin, Les entretiens oubliés d’Hitler, recueil des interventions de l’homme du IIIe Reich devant des journalistes anglais, américains et français.

 

Flagorneurs, courtisans et sycophantes

Disons-le d’emblée : quelle complaisance ! on lit ces entretiens avec une fascination dégoûtée.  Nos journalistes, pourtant expérimentés, se laissent berner par goût du scoop, du coup. Passons sur des exaltés comme Alphonse de Chateaubriant, conquis par avance. Mais voir des reporters du New York Times, du Matin se laisser séduire et emberlificoter par le maître de Berchtesgaden a de quoi laisser sans voix. On mesure mal, en 2019, le charisme d’Hitler, son magnétisme et son art (là, il faut parler d’art) à deviner les attentes de ses hôtes et à leur dire exactement ce qu’ils veulent entendre alors qu’il prépare la pire des guerres qu’ait connu l’Europe. Eric Branca y consacre d’ailleurs un chapitre particulièrement intéressant.

Un ouvrage fascinant, déplaisant et dont on ne peut que recommander la lecture.

 

 

Sylvain Bonnet

Eric Branca, Les entretiens oubliés d’Hitler, Perrin, février 2019, 304 pages, 22 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.