Les Tudors, l’Angleterre mythique

Un spécialiste du XVIe siècle et des guerres de religion

Professeur émérite à l’université de Versailles-Saint-Quentin, Bernard Cottret s’est fait remarquer par ses ouvrages sur la période troublée de la Réforme et des guerres de religion, en France comme en Angleterre. On lui doit ainsi un remarquable Cromwell (Fayard, 1992), un Henry VIII (Payot, 1999) ainsi qu’un Calvin (J.C.Lattès, 1995). Il s’est aussi aventuré à écrire une biographie de Jean-Jacques Rousseau, protestant de culture (Perrin, 2005) et de Karl Marx (Perrin, 2010). Le voici qui livre une synthèse sur le Tudors chez Perrin, dynastie royale qui fait fantasmer, grâce à des séries télé de qualité.

 

Des parvenus ?

Mais au fait qui sont les Tudors ? Ils sont issus des Plantagenets bien sûr mais plutôt par la petite porte même si Owen Tudor a ensuite épousé une fille de Charles VI opportunément devenu veuve d’Henry V, le vainqueur d’Azincourt. Les Tudors bénéficient du conflit meurtrier et inexpiable qui opposent les Lancastre aux York et remportent la victoire face à Richard III. Henry VII, le premier de la dynastie, se fait remarquer par son sens aigu des affaires de l’Etat et aussi par sa dureté lors des révoltes qui secouent le pays et surtout face à d’éventuels prétendants. Désormais le ton est donné !

 

Le siècle des Tudors

On ne saura jamais ce qui se serait passé si un pape plus conciliant que Paul III avait accordé la répudiation de Catherine d’Aragon et le remariage avec Ann Boleyn à Henry VIII. Toujours est-il que l’Angleterre, par une sorte de « premier Brexit » (l’expression est de Bernard Cottret), se sépare du continent et choisit progressivement le protestantisme (et la sécularisation des biens de l’église, deux cent cinquante ans avant la France). Un protestantisme anglican, conservant la pompe du catholicisme mais adoptant la communion sous les deux espèces. Ce fut en définitive surtout l’œuvre d’Elisabeth, la fille d’Henry VIII et sœur cadette de Marie Tudor qui tenta un retour au catholicisme… en tout cas tous les monarques Tudors furent durs, cruels et n’hésitèrent pas à faire exécuter les rebelles, souvent d’anciens serviteurs comme Thomas More et le comte d’Essex, au nom du bien de l’Etat qu’ils incarnaient. Voilà en tout cas toute une époque qui revit grâce au talent de Bernard Cottret.

  

Sylvain Bonnet

Bernard Cottret, Les Tudors, Perrin, mars 2019, 400 pages, 25 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.