Animal, que de temps perdu…

Auteure à succès

Sandrine Collette est reconnue une auteure de thrillers, particulièrement avec Des nœuds d’acier (Denoël, 2013) et Un vent de cendres (Denoël, 2014). Elle sait proposer des fictions avec des situations très fortes qui favorisent l’identification du lectorat. Pour autant, Juste après la vague avait paru un peu décevant : cette histoire de famille déchirée sur fond de tsunami avait eu du mal à accrocher le critique toujours sévère et sceptique. Elle revient ici avec Animal, avec la même recette que naguère ?

 

Ours, tigres et enfance blessée

Népal. Une femme nommée Mara découvre deux enfants ligotés à un arbre, un garçon et une fille, prénommés Nun et Nin. Elle les délivre et part avec eux. Vingt ans plus tard, Hadrien et son épouse Lior participent à une chasse à l’ours au Kamtchaka avec un groupe de français et leur guide local, Vlad. Ils sont sur la piste d’un ours jeune et fragile. Mais un autre, plus vieux, plus solide l’écarte (les ours ont des sentiments les uns envers les autres) et décide de devenir aussi le chasseur. Il attaque le campement, tue un des touristes et s’enfuit. Lior le poursuit, seule. Hadrien décide de la suivre. Il ne sait pas ce qui anime sa femme, enfant adoptée qui cache de lourds secrets. L’ours va la révéler à elle-même.

 

Spectaculaire… et après ?

On ne parlera pas ici de style, il n’y en a pas. Par contre, il y a de la structure et une volonté claire de l’auteure de nous accrocher. Comment ça marche ? D’abord, en plongeant ses personnages face à une nature sauvage, hostile qui va les révéler (je me répète) à eux-mêmes car telle est la volonté de l’auteure. On est ici en face d’une quête, celle de Lior (l’auteure a -t-elle lu Joseph Campbell ?) face à son passé. On comprend que cela puisse plaire. Mais comme thriller, comment dire… aucun effroi, aucune angoisse. On passe deux heures à lire ce livre, deux heures de perdues dans une vie finalement courte qu’on ne retrouvera pas par ailleurs…  Chers amis, chère Églantine (si tu me lis un jour), mieux vaut lire Ellroy ou Burke, même Littel que ça. Ou Elsa Marpeau, bien plus douée !

Mais n’insultons pas l’avenir, peut-être que Sandrine Collette réserve des surprises.

 

Sylvain Bonnet

Sandrine Collette, Animal, Denoël « sueurs froides », mars 2019, 288 pages, 19,90 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.