La traque du Bismarck, vélléités maritimes nazies

 

Hitler, la mer et la marine

Ancien officier de marine, François-Emmanuel Brézet s’est imposé comme le spécialiste (ils sont peu nombreux, il faut le dire) de la marine de guerre allemande durant la seconde guerre mondiale. On lui doit ainsi une histoire de la marine allemande (1939-1945) (Perrin, 2014), une biographie remarquée du successeur d’Hitler, l’amiral Dönitz (Perrin, 2011) et plus récemment un Hitler et la mer (Perrin, 2018) qui démontre très bien que le Furhër n’avait ni compris la spécificité de la guerre maritime, ni jamais voulu accorder les fonds nécessaires à la création d’une marine de surface capable de rivaliser avec la Grande-Bretagne. Ici, il revient sur un évènement aujourd’hui méconnu mais qui eut à l’époque un retentissement considérable : la destruction du cuirassé Bismarck.

 

Une question de prestige

On a vu que la marine allemande ne fut jamais une véritable rivale d’envergure comparable à la marine britannique. Or en mai 1941, le cuirassé Bismarck accompagné du croiseur lourd Prinz Eugen partent pour attaquer les convois britanniques dans l’Atlantique. Le Bismarck, fleuron de la marine nazie, coule alors le HMS Hood. Pour l’amirauté britannique commence alors une traque sans merci (d’où le titre du livre) dont le but est simple : couler le Bismarck. L’ouvrage minutieux de François-Emmanuel Brézet restitue bien cette affaire et explique avec clarté les particularités du navire. On notera ici que le commandant de l’escadre, Gunther Lütjens fut un des rares officiers à protester contre la nuit de cristal en 1938, après avoir ignoré les lois raciales de Nuremberg sur l’exclusion des officiers juifs.

Bonne synthèse.

 

 

Sylvain Bonnet

François-Emmanuel Brézet, La traque du Bismarck, Perrin « Tempus », juin 2019, 288 pages, 9 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.