La peur et la liberté, les fondations de notre époque

L’historien de l’après-guerre

En France, l’historien britannique Keith Lowe est surtout connu comme l’auteur de l’Europe barbare (Perrin, 2013) où il décrivait avec beaucoup d’acuité un continent où la soif de vengeance des populations n’a eu d’égale que la férocité des politiques de nettoyage ethniques menées dans l’est de l’Europe qu’elle avait en partie inspiré. Les éditions Perrin ont publié en début d’année La peur et la liberté, qui se propose de revenir avec un autre point de vue sur ces années d’après-guerre.

 

Une structure originale

L’ouvrage part du constat suivant : l’après seconde guerre mondiale a posé les fondations de notre monde actuel. Pour le démontrer, Keith Lowe a construit son livre de la manière suivante : chaque chapitre part de l’expérience d’un témoin qui sert ensuite à expliquer les différents aspects politiques mis en place durant l’après-guerre. Ainsi, l’expérience de Benjamin Ferencz, juriste américain d’origine hongroise et qui a contribué aux procès de Nuremberg aide à expliquer l’émergence d’un droit mondial. La polarisation de l’après-guerre part du témoignage de l’anglais Anthony Curwen, humanitaire pendant la guerre civile en Chine, qui l’a amené à devenir communiste.

 

Force et faiblesse d’un livre

 

De la lecture de ce livre ressort effectivement l’idée que notre monde est né de la seconde guerre mondiale : rien de nouveau en fait, même si la chute de l’URSS et l’émergence actuelle de la Chine remet en cause le système né à cette époque. Keith Lowe a plus de brio lorsqu’il nous explique aussi que cette guerre a constitué un traumatisme pour beaucoup qui a été difficile à surmonter. Voilà qu’on touche à la faiblesse de l’ouvrage : l’empathie, voire les sentiments. Un historien doit se garder de ses sentiments. Lowe fait preuve de beaucoup d’empathie envers ses témoins. On peut le comprendre mais il faut, en histoire, se garder de cette attitude. À lire en tout cas.

 

 

Sylvain Bonnet

Keith Lowe, La peur et la liberté, traduit de l’anglais par, Perrin, janvier 2019, 640 pages, 27 €

 

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.