Fouché, l’homme des ombres

 

L’historien du dimanche face à « la pieuvre

André Castelot, à défaut d’être un grand historien, fut un passeur et un vulgarisateur, à l’instar de son ami Alain Decaux. Fouché, sous-titré le double jeu, fut un de ses publications tardives (1990), soit vingt-cinq ans après son travail sur Napoléon. Dans l’avant-propos, Castelot confesse s’être intéressé au personnage un peu à force de le croiser tout le temps dans son travail : l’ancien mitrailleur de Lyon est à vrai dire incontournable si on s’intéresse à la période de la Révolution et de l’Empire. Que peut donc nous apprendre Castelot de plus que Jean Tulard ou Emmanuel de Waresquiel ?

 

Entre roman et histoire

À vrai dire rien mais c’est aussi parce que les biographies de ces deux illustres historiens se sont aussi appuyées sur la documentation découverte par André Castelot. Pour le reste, on a affaire à une biographie proche du roman, avec des dialogues repêchés dans les mémoires des contemporaines, comme Bourrienne, l’ancien condisciple et secrétaire de Napoléon. Une fois de plus, on savoure le travail du policier lors de l’enquête de l’attentat de la rue Saint-Nicaise en 1800 ou  son art consommé du complot en 1815. Ambigu et au fond insaisissable, Fouché, le terroriste devenu homme d’État, le révolutionnaire devenu duc, l’ennemi et le partenaire de Talleyrand, demeure une des figures les plus fascinantes de l’histoire de France.

 

Sylvain Bonnet

André Castelot, Fouché, Perrin, novembre 2019, 368 pages, 24 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.