La grâce des rois, fantasy indigeste

 

Un écrivain de science-fiction remarqué

C’est grâce au Bélial qu’on a pu connaitre Ken Liu, auteur de nouvelles intéressantes rassemblées dans le recueil La ménagerie de papier paru en 2015. L’éditeur a ensuite publié dans la très intéressante collection « Une heure lumière » deux novellas. Si Le regard s’est avéré une histoire efficace, ancrée dans le genre cyberpunk, sans toutefois être très originale, L’homme qui mit fin à l’histoire s’est avéré fascinante : deux scientifiques voyagent dans le passé grâce à des particules et essaient de mettre fin aux exactions de l’unité 731 en Chine pendant la seconde guerre mondiale, avec des effets surprenants. Fleuve éditions a quant à lui choisi de traduire La grâce des rois, premier volet d’un cycle fantasy, où Ken Liu change radicalement d’approche.

 

Il était une fois…

Bienvenue dans le royaume de Dara, qui unit sept états différents sous la houlette du roi de Xana, devenu empereur. Sa domination est parfois cruelle et bien des nobles souffrent des impôts à payer (qui du peuple ?). On se redemande comment renverser cet Empire… Sans savoir qu’il est l’objet d’une controverse entre les dieux qui inspirent les hommes (Homère ?). Deux hommes, Mata Zyndu, noble déclassé, et Kuni Garu, un voyou, vont relever le défi.

 

Un résultat indigeste

 

La grâce des rois s’abreuve à plusieurs sources : d’abord l’histoire chinoise avec ces royaumes combattants soumis au souverain Qin. La fantasy elle-même enfin, car Liu a sûrement lu Le trône de fer de George R.R. Martin. Et L’Iliade aussi.  Mais le résultat n’est pas du tout à la hauteur des ambitions de l’auteur. C’est long, touffu, avec des personnages trop stéréotypés, ennuyeux au final. Quant au style… Disons que le format court sied mieux à Liu. Que dire de plus, à part que la vie est trop courte pour perdre son temps à lire de lourds pensums… On recommande donc de passer son chemin : piètre romancier, Liu vaut mieux comme nouvelliste !

 

Sylvain Bonnet

Ken Liu, La grâce des rois, traduit de l’anglais (États-Unis) par Elodie Coello, Fleuve éditions, octobre 2018, 848 pages, 24,90 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.