La fin du monde viking, et Thor laissa la place au Christ

Un moment largement méconnu

 

Professeur à l’université Paris I Sorbonne, co-auteur du Moyen-âge en Occident (Armand Colin, 2019) avec Romain Tellier, Stéphane Coviaux consacre ses recherches à un moment particulier de la civilisation viking, celui de sa christianisation. Car ces fiers guerriers, qui terrifiaient les populations de l’Occident et pillaient les trésors des monastères, finirent par abandonner le culte de Thor et d’Odin pour celui du Christ. Comment cela est-il arrivé ?

 

Une lente imprégnation

 

Le monde scandinave n’a jamais vécu en vase clos et a toujours été en contact avec les empires romains, byzantins, francs. Stéphane Coviaux rapporte ainsi qu’on trouve des objets chrétiens dans de nombreuses tombes de cette époque. De même les scandinaves introduisent des motifs d’origine chrétienne dans certains monuments. Au IXe siècle, des missionnaires envoyés par les empereurs francs tentent de convertir ces peuplades, tel saint Anschaire. On voit aussi des chefs vikings, battus par les empereurs francs lors de leurs expéditions, se convertir pour obtenir le soutien impérial. Au fond, Rollon le fait en 911 en obtenant la Normandie et devenant le vassal du roi Charles le simple.

 

Le basculement

 

C’est au XIe siècle que le moment de la conversion massive commence. Ciblés par l’église, certains rois renient le paganisme et se convertissent, entraînant avec eux une partie de l’aristocratie. Le mouvement est alors lancé. On note cependant qu’une partie des élites et de la population résiste. On note aussi une coexistence temporaire chez certains : on prie le Christ et on garde l’amulette représentant Mjollnir, le marteau de Thor. La christianisation n’empêchera pas la sauvegarde de la culture et de la mythologie païenne : songeons aux sagas islandaises et à la poésie des scaldes. Très bon ouvrage qui comble un manque de l’historiographie française sur ce sujet précis.

 

 

 

 

Sylvain Bonnet

 

Stéphane Coviaux, La fin du monde viking, Passés composés, octobre 2019, 365 pages, 23,50 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.