La fin du Moyen-Age, deux siècles à redécouvrir

Un médiéviste reconnu

 

Auteur de biographies de Philippe de Commynes (Fayard, 2006) et de Louis XI (Perrin, 2015) plutôt réussies, Joël Blanchard, professeur émérite au Mans, a publié en ce début d’année un essai chez Perrin, La fin du Moyen Age, une occasion idéale de revenir sur une période qui précède la Renaissance, par ailleurs très bien étudiée par Didier Le Fur.

 

Fin d’un monde ?

 

La période des premiers Valois est marquée par la guerre de cent ans entre français et anglais, la grande peste, le schisme des papes, les guerres civiles (songeons au conflit entre Armagnac et Bourguignons) : on est loin d’un âge d’or. Pourtant, la période qui se dessine sous la plume de Joël Blanchard apparaît beaucoup plus vivante. C’est aussi le moment du premier humanisme, de la production d’œuvres littéraires de qualité (sur la lignée du roman de la rose). Certains rois sont de grandes intelligences politiques comme Charles V et bien sûr Louis XI.

 

Luttes féodales et émergence d’un Etat

 

Cette période est marquée par de grands conflits impliquant les grands lignages de la noblesse, y compris ceux apparentés au pouvoir. L’assassinat du duc d’Orléans, frère du roi fou Charles VI, par des Bourguignons à la solde du duc Jean sans peur (au passage son oncle) frappe les imaginations et créée une fracture qui perdure pendant le siècle : Louis XI s’en souvient et essaie d’éviter de tels drames. On assiste aussi suite à l’hécatombe d’Azincourt à la mise en place d’une armée permanente dégagée de la levée du ban et de l’arrière-ban. La noblesse recherche moins les métiers de la guerre et le service du roi qu’auparavant. Au final, Joël Blanchard rend justice à une période oubliée.

 

 

 

 

Sylvain Bonnet

 

Joël Blanchard, La fin du Moyen-Âge, Perrin, janvier 2020, 370 pages, 24 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.