La fête des fous, sur la frontière

Burke et ses héros

 

Le grand monde des amateurs de polars connaît bien James Lee Burke, auteur de romans noirs se déroulant en Louisiane et ayant comme protagoniste principal le détective cajun Dave Robicheaux. Burke a eu l’honneur d’inspirer à Bertrand Tavernier l’un de ses deux plus beaux films, Dans la brume électrique, sorti en 2009. Mais Burke a d’autres personnages fétiches, issus de la famille Holland, dont Hackberry, ancien de la guerre de Corée apparu dans Déposer glaive et bouclier publié en 1971.  Burke a repris ce personnage dans Dieux de la pluie où le shérif Hackberry Holland avaient maille à partir avec le prêcheur Jack Collins, sorte de tueur fou (mais non dénué de logique) : La fête des fous est une suite directe de ce roman.

 

Texas maudit

 

Hackberry et son adjointe Pam Tibbs enquêtent sur le meurtre de femmes mexicaines et estiment que Jack Collins en est le responsable. Ce dernier s’est réfugié dans les montagnes et a recueilli un certain Noé Barnum, un ingénieur recherché par les fédéraux et aussi des mercenaires, Krill et Negrito. Ils découvrent aussi l’existence d’Anton Ling, une ex agente de la CIA qui protège les clandestins et qui verrait bien Collins derrière les barreaux. Hackberry  Holland se sent vieux pour tout ça et doit aussi faire à Pam, qui est amoureuse de lui. La fête commence…

 

Pourquoi se mentir ?

 

Burke écrit beaucoup. Contrairement à ses collègues qui écrivent beaucoup aussi, on ne s’ennuie jamais avec lui. Ici, il est question d’une Amérique corrompue par les nombreuses guerres qu’elle a mené, de femmes massacrées par des hommes, d’un vieillard hanté par son passé, de l’innocence toujours perdue… et en même temps, non, il en reste quelque chose. Burke est un immense conteur qui a le don de ne jamais ennuyer son lecteur. Il est certainement avec James Ellroy le plus grand auteur de romans noirs aux États-Unis. Alors, pour passer cet été si « particulier », lisez-le. Vous ne le regretterez jamais.

 

 

 

Sylvain Bonnet

 

James Lee Burke, La fête des fous, traduit de l’anglais par Christophe Mercier, Rivages, juin 2018, 626 pages,  9,50 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.