La géographie reine des batailles, numérisation et fin de partie?

 

Un géographe militaire

Professeur de géographie à la Sorbonne, Philippe Boulanger a publié notamment La géographie militaire française 1871-1939 (Economica, 2002) qui a obtenu Lucien Bonaparte-Wyse de la société de géographie de Paris. La géographie reine des bataille, paru en mars dernier chez Perrin, reprend au départ une vieille antienne : la connaissance du terrain est essentielle pour un commandant qui engage ses troupes dans une bataille. C’est bien une des leçons qu’on peut tirer de la victoire de Napoléon à Austerlitz. On sait aussi à quel point les officiers français ont négligé la géographie jusqu’à la défaite de 1870, avant de réintégrer l’enseignement de cette discipline ensuite.

Révolutions technologiques

Aujourd’hui, drones et révolution numérique transforment l’approche traditionnelle. On passe des cartes habituelles (encore faut-il savoir les lire) à des représentations en 3 D des champs de batailles ou du terrain à conquérir ou à sécuriser. Cela permet à des armées qui n’ont pas d’expérience de certains terrains d’intervention (exemple : l’Afghanistan pour l’armée américaine) d’y pallier partiellement. Satellites et GPS permettent aussi cela. Avec ce livre, on prend conscience que la technologie fournit des outils supplémentaires aux militaires et renforce leur connaissance géographique. Rien cependant ne remplacera l’homme, le soldat.

Excellent ouvrage. Très stimulant.

 

Sylvain Bonnet

Philippe Boulanger, La géographie reine des batailles, mars 2020, Perrin, 368 pages, 23 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.