Les maquisards, de l’image d’Epinal à la réalité

 

Un historien de la Résistance

Directeur historique de la Fondation de la Résistance, Fabien Grenard est le co-auteur de l’histoire économique de Vichy (Perrin, 2017) et aussi auteur du remarquable La traque des résistants (Tallandier, 2018) et d’une biographie du chef résistant communiste (Vendémiaire, 2019). Il propose ici une synthèse sur Les maquisards, des figures héroïques quand on pense au Vercors ou au maquis des Glières.

 

Des jeunes en rupture

On ne répétera jamais assez, Fabien Grenard le souligne avec justesse, combien le STO a donné une dynamique inédite des maquis en les peuplant de réfractaires allergiques à l’idée d’aller passer leurs vingt ans en Allemagne. Il s’agit alors de récupérer ces jeunes, de les encadrer. Il fallut pour cela beaucoup d’anciens officiers, souvent de l’ancienne armée d’armistice, parfois des cadres communistes. L’expérience est en tout cas différente, que l’on soit dans le midi, en Corrèze ou dans les pays de la Loire, ou qu’on rejoigne le maquis début 1943 ou au printemps 1944.

 

Une inégale valeur militaire

Les maquis constituent des enjeux pour Londres comme pour la France libre. On y voit des réservoirs de soldats, des futurs partisans ou… Un vivier pour le parti communiste. On finit par leur parachuter des armes, par y envoyer des cadres étrangers, en espérant en faire des combattants efficaces. Car le débarquement approche. Si les maquis jouent un rôle incontestable au moment de la Libération, il est loin d’être décisif. Nous ne sommes pas ici face à une force militaire comme le furent les partisans de Tito. Et l’amalgame avec l’armée débarquée en Provence se révélera difficile.

Un ouvrage stimulant.

 

Sylvain Bonnet

Fabrice Grenard, Les maquisards, Vendémiaire, septembre 2019, 616 pages, 26 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.