Les mangeurs d’argile, rural noir sudiste

Un auteur américain célébré en France

Peter Farris fait partie de ces auteurs américains célébrés dans nos belles contrées francophones et complètements ignorés chez eux. Son deuxième roman, Le diable en personne, a par exemple remporté le Prix du roman noir du festival de Beaune en 2018. Les mangeurs d’argile, publié l’année dernière par Gallmeister, confirme en tout cas les espoirs qu’on avait pu placer en lui.

L’adolescence, ce moment près de la mort

Jesse Pelham a quatorze ans, l’âge où tout est possible, y compris dans la Géorgie rurale. Il vient de perdre son père qu’il adorait et toute sa vie est chamboulée. Mais comme le monde est étrange, il rencontre Billy, un vagabond un peu louche. Une étrange amitié va se nouer entre eux. Cependant, Billy sait des choses sur les circonstances de la mort du père de Jesse, sur le rôle joué par sa belle-mère et son oncle. Le monde de Billy s’effondre à nouveau à cause du mensonge des adultes et du crime qu’ils cachent…

Un bon roman noir

Avec Les mangeurs d’argile, Peter Farris confirme son talent. On peut lire ce livre comme un polar et on aura raison. C’est aussi un grand roman sur l’adolescence et sur ce passage où on comprend que le monde des adultes est plein de mensonges et de parjures. Le personnage du prêcheur s’inscrit dans une lignée, celle des personnages de Burt Lancaster dans Elmer Gantry ou de Robert Mitchum dans La nuit du chasseur. Recommandé.

 

Sylvain Bonnet

Peter Farris, Les mangeurs d’argile, traduit de l’anglais par Anatole Pons, Gallmeister « americana », 336 pages, 23 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.