Ian Fleming, vie et destin du créateur de James Bond

Historien tous terrains

On connaît surtout Christian Destremau comme l’auteur d’une biographie de Lawrence d’Arabie (Perrin, 2014) qui a remporté un vif succès. Parmi ses publications notables, on peut aussi citer Le Moyen-Orient pendant la seconde guerre mondiale (Perrin, 2011) et de Churchill et la France (Perrin, 2017). Les éditions Perrin viennent de publier son dernier ouvrage, consacré au créateur de James Bond, Ian Fleming.

Un parcours passionnant

On découvre donc l’histoire d’un cadet, issu d’une famille écossaise plutôt riche, qui perd son père en 1917. Le jeune Ian grandit dans l’ombre de son frère Peter, l’héritier que tous adorent. Etudiant peu assidu, le jeune homme préfère s’amuser et surtout courir les filles. Il finit par devenir journaliste chez Reuters. Très bien introduit dans l’élite britannique, Fleming finit même par intégrer les services secrets de la Navy pendant la guerre, sans pour autant s’y illustrer vraiment. De cette expérience il tirera certainement des histoires pour son futur héros.

 

Homme d’influence ?

L’après-guerre le voit acheter une maison à la Jamaïque (la fameuse Goldeneye), se marier et puis il y a l’écriture. Les premiers romans consacrés à James Bond ne marchent pas plus que ça mais il s’acharne. Fleming propose des intrigues ahurissantes avec à chaque fois des héroïnes sexy et des scènes de tortures qui arrachent des sueurs froides aux lecteurs de l’époque. Il est aussi un excellent agent d’influence pour l’intelligence service qui fait face au mépris grandissant des américains, à des budgets réduits et au scandale provoqué par la trahison de Burgess et Mc Lean. Bons baisers de Russie, une des plus grandes ventes de Fleming, cautérise la plaie : Bond triomphe des soviétiques du SMERH avec facilité (même s’il manque de mourir à la fin).

Un créateur populaire

Fleming achève sa vie comme un icône, ami d’Allen Dulles et reçu par JFK en personne. Sans être un grand écrivain, il a créé un véritable univers imaginaire, proche par certains côtés de la fantasy de C.S. Lewis ou Tolkien, et son héros est un mythe de la culture populaire, grâce aussi aux acteurs qui l’ont incarné, au premier rang Sean Connery. Pas mal pour un cadet négligé par sa famille…

Sylvain Bonnet

Christian Destremau, Ian Fleming, Perrin, novembre 2020, 352 pages, 23,50 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.