Portraits et destins, l’art de raconter l’histoire

Pourquoi lire Franck Ferrand ?

J’avouerai ici sans détour peu goûter a priori Franck Ferrand. J’ai eu un jour avec lui un échange acrimonieux, quoique courtois, lors d’un salon de l’histoire à Versailles par rapport à la guerre de Vendée. Homme médiatique, il a aussi le chic pour s’emparer d’un sujet en prenant le contre-pied de la recherche historique, par exemple sur le site de la bataille d’Alésia (je renvoie à l’excellent ouvrage de Laurent Olivier, César contre Vercingétorix, qui consacre un chapitre à sur cette controverse). Portraits et destins reprend ici vingt articles écrits pour le magazine Historia et je commence l’ouvrage avec beaucoup d’a priori.

 

Un vulgarisateur de grand talent

Dans sa préface, Franck Ferrand se place dans la lignée des Castelot et des Decaux, c’est-à-dire de grands vulgarisateurs qui firent aimer l’histoire à des générations de français, que ce soit par leurs émissions de télévision ou leurs ouvrages. Il est effectivement de cette étoffe-là et possède un talent, celui de raconter. Chaque article est une histoire, narrée et présentée avec clarté, concision et aussi beaucoup de vie. On ne compte pas les historiens ne sachant pas écrire ou qui raisonnent laborieusement. Avec Franck Ferrand, c’est la vie, limpide et claire, du passé qui renaît sous nos yeux : il en est ainsi lorsqu’il raconte le retour des cendres de Napoléon ou le sac du palais d’été. Certes il y a des approximations et aussi des partis pris (c’est son droit). L’histoire a ses savants et ses chercheurs, elle a aussi besoin de gens comme Franck Ferrand.

 

 

Sylvain Bonnet

Franck Ferrand, Portraits et destins, Perrin, février 2021, 300 pages, 19 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.