Le bateau de Palmyre, le croisement des mondes

Un spécialiste de l’Orient antique

Membre de la rédaction de la revue L’Histoire, Maurice Sartre est un historien du Proche-Orient romain à qui on doit des fouilles en Afghanistan (à une époque où c’était encore possible). On lui doit aussi une histoire du Levant antique, parue chez Fayard en 2001 et tout récemment une biographie de Cléopâtre (Tallandier, 2018). Il vient de publier chez Tallandier Le bateau de Palmyre où il revient sur la problématique des échanges culturels entre Orient, Extrême-Orient et Empire Romain.

Des contacts réguliers

La cité caravanière de Palmyre, à laquelle Maurice Sartre a consacré un ouvrage, fut un des lieux de ces contacts. Il y a aussi l’Arabie dite heureuse qui voit nombre de navires caboter en mer rouge puis dans l’océan indien et qui établissent des relations commerciales régulières avec l’Inde naguère envahie par Alexandre le Grand. N’oublions pas ici le rôle joué par les marchands grecs dans des états ou des cités fondés au temps du Macédonien, tombés ensuite sous la domination Parthe puis Perse. Enfin, il y a la Chine mystérieuse où des marchands syriens se disent ambassadeurs de Marc Aurèle et dont ils ramènent bien des choses. Au VIe siècle, justinien fera d’ailleurs tout son possible pour acclimater les vers à soie.

Avec cet ouvrage érudit, soigné, jamais ennuyeux, Maurice Sartre fait revivre tout un monde oublié, faits d’échanges et de métissages. Du beau travail.

 

 

Sylvain Bonnet

Maurice Sartre, Le bateau de Palmyre, Tallandier, février 2021, pages, 21,90 €

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About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.