Little Caesar, le bruit des rues de Chicago

Un pilier du roman noir

Auteur de romans noirs adaptés au cinéma (Quand la ville dort, Le petit César justement) et aussi scénariste (Scarface d’Howard Hawks, High Sierra de Raoul Walsh avec Bogart, Capitaine Mystère de Sirk avec Rock Hudson), W.R. Burnett appartient à la deuxième génération du roman noir, celle qui suit Dashiell Hammett et qui est aujourd’hui un peu oublié des amateurs. Cette réédition du Petit César sous son titre originel donne une occasion de le redécouvrir.

Ascension et chute d’un caïd

Rico n’est qu’un homme de main de la bande de Sam Vettori. Il est jeune, violent, dur et finit par prendre la place de son patron vieux et finalement lâche. Rico se fait alors une place au soleil, surveillé par le parrain de Chicago, Big boy. Et tout tourne bien pour lui jusqu’à ce qu’un policier retors et aussi dur que lui, Flaherty, ne réussisse à l’inculper pour meurtre après avoir mis la pression sur un de ses subalternes. C’est le début d’une fuite pour Rico qui se terminera dans le sang.

« - Sainte mère de Dieu, murmura-t-il, c’est donc la fin de Rico ? »

 

Un classique américain

En lisant ce roman, on ne peut s’empêcher aux deux Scarface (Burnett a collaboré à celui de Hawks) et voir dans ce roman une version noire du rêve américain. Il y a du Tony Montana chez Rico, dans cette soif de réussite matérielle, à n’importe quel prix. On y voit aussi une peinture au vitriol de Chicago, écrite rapidement (comme le montre l’excellente préface de Benoît Tadié) par un Burnett pressé d’être publié, dans un style âpre, sans fioriture. Il faut (re)lire Little Caesar.

 

Sylvain Bonnet

W.R. Burnett, Little Caesar, traduit de l’anglais par Marcel Duhamel et révisé par Marie-Caroline Aubert, préface de Benoît Tadié, Gallimard «série noire », octobre 2020, 288 pages, 17,50 €

Articles relatifs :

About Sylvain Bonnet

Spécialiste en romans noirs et ouvrages d'Histoire et collaborateur de Boojum et ActuSF.