Entretien avec Layla Metssitane, actuellement à l'affiche de Stupeur et Tremblements Extraits FUBUKI au Festival d'Avignon

La pièce Stupeur et Tremblements extraits Fubuki est actuellement jouée au Festival d’Avignon (Présence Pasteur) jusqu’au 31 juillet. Elle remporte un vif succès et il semblerait que quelques salles parisiennes soient intéressées par la représentation. Layla Metssitane a accepté, durant cette session, de répondre à quelques-unes de mes questions. Une date est déjà prévue le 22 novembre à 20h 30 au STUDIO RASPAIL au 216 Bd Raspail Paris 14. Réservez vite vos places !

Avant de jouer dans Stupeur et Tremblements extraits Fubuki, qu’avez-vous fait ? Comment êtes-vous venue au Théâtre ?

Stupeur et tremblements extraits Fubuki est ma première aventure théâtrale et elle remonte à juillet 2001 au Festival d’Avignon à Presence Pasteur. Je jouais dans la cour un extrait de 20/25 minutes. Un spectacle gratuit. Puis une forme plus aboutie d’une heure a pris forme pour être jouée plus tard en janvier 2002 au Théâtre de l’Alliance Française à Paris. Alain Corneau qui débutait les préparatifs de son long métrage était venu voir la pièce. Dans cette première version, Mouss Zouheyri signait la mise en scène et moi l’adaptation et l’interprétation. Avant de jouer Stupeur et tremblements extraits Fubuki, je terminais mes études en éco/marketing/management à Paris (j’arrivais de Dijon) avec un stage dans une SSII en Suisse. En même temps je me formais chez Florent, puis après une audition obtenue à l’Ecole de Chaillot pour intégrer la deuxième année je réalisais une rencontre décisive avec la metteur en scène, auteur et tragédienne : Anne Delbée.
Je suis venue au théâtre adolescente en participant à un stage dirigé par Jacques Fornier en Bourgogne. Stage organisé par le CLD – Théâtre de l’Espoir – direction Pierre Lambert.  Il dirige Présence Patseur au Festival d’Avignon.

Qui de vous ou de Mouss Zouheyri a fait appel à l’autre ? S’agit-il d’un projet commun ? D’un coup de foudre pour l’ouvrage d’Amélie Nothomb ?

C’est mon propre désir de travailler ce texte qui m’a été offert par ma belle-mère et sa mère à Noël 1999. Mouss avec qui j’avais envie de travailler a été une personne vers laquelle je me suis orientée spontanément. Je lui suis très reconnaissante d’avoir accepté cette aventure avec une débutante. Je me souviens que pour répéter, je le suivais dans sa tournée de Mesure pour mesure de W.S. mis en scène par Jacques Nichet. Je répétais donc la journée dans les CDN et scènes nationales et l’équipe jouait le soir.  De bons souvenirs.  Mouss a imméditatement aimé le rire et le verbe de Nothomb.  Pour lui et moi, cet ouvrage était notre premier de l’auteur. Je ne la connaissais pas. J’étais passée à côté de la vague Nothomb.  Mouss aussi.
Dès que j’ai souhaité travailler ce roman pour une aventure au théâtre, j’ai déposé une lettre à l’attention de l’auteur chez les Editions Albin Michel et elle m’a contacté le jour même.  Je me souviens, j’étais à une caisse de supermarché près de la mairie de Jules Joffrin à Paris.

Le spectacle présenté cette année au festival d’Avignon à Présence Pasteur est un projet plus abouti car je signe à la fois l’adapation,  la mise en scène et le jeu. J’ai gardé des jalons trouvés avec Mouss. Et je le remercie infiniment pour son soutien amical. J’avais envie d’aller au bout de ce projet, de l’accoucher enfin, de faire face à ces identités féminines – occidentale, orientale… et mon regard sur elles, en ma qualité de comédienne et de jeune femme d’origine marocaine.

Etes-vous une adepte des romans de l’auteur ?

Non, pas du tout. C’est ce roman qui a porté écho en moi.
En général, je ne suis pas par nature une « fan » d’un auteur, d’un musicien, d’un acteur… j’ai lu Mercure, Hygiène de l’assassin, Robert des noms propres et les Combustibles. C’est peu, vu l’oeuvre riche accouchée par Amélie Nothomb.

Quelle relation entretenez-vous avec le texte de Stupeur et Tremblements ?

C’est pour moi ma Madeleine de Proust. Depuis, j’ai travaillé avec des auteurs, des poètes contemporains singuliers (Feu Aimé Césaire, Taslima Nasreen, Anne Delbée…) des poètes classiques comme Racine, Sophocle, Shakespeare, Claudel…, des metteurs en scène singuliers comme Anne Delbée, Philippe Adrien, Gabriel Garran… Mais cette aventure première, l’origine de l’acte de jouer en public reste mon trésor précieux. J’ai réalisé une adaptation pour la scène mais j’ai le sentiment que ce roman est en moi… Enfin, j’ai extrait le suc qui m’est singulier pour réaliser mon adaptation.

Qu’avez-vous pensé du film de Alain Corneau ? Etait-il difficile de ne pas rejouer le même personnage, d’imposer votre propre manière de jouer ?

Le projet, la pièce trouvent leur origine avant le film (cadeau Noël 1999 / création pièce juillet 2001 au Festival OFF).
Alain Corneau est venu voir la pièce puis m’a invitée sur le plateau du tournage en juin 2002. J’ai pu rencontré Sylvie Testud – actrice que j’aime beaucoup car singulière et si talentueuse. Nous avons échangé sur l’oeuvre. Si j’ai bonne mémoire, Alain Corneau lui a parlé de la pièce, de mon approche. Un bon moment partagé que cette journée.
Je n’ai pas encore vu le film. Donc, je n’ai aucun point de comparaison pour mon travail, mon interprétation.

Note d’Alain Corneau sur le spectacle…
«Ce fut un délice très troublant… très juste
et très exaltant !! Bravo, et merci.
A bientôt.
Alain Corneau»

Avez-vous d’autres projets ?

Des projets au théâtre et au cinéma. Par superstition, je préfère ne pas en parler… Je reviendrai vers vous lorsque cela sera plus concret. Et bien-entendu, une belle aventure au spectacle aussi bien à Paris que vers d’autres Ailleurs. In-Cha-Allah !

(c) Photographie : Sandra Schmidt

Stupeur et tremblements extraits FUBUKI
Roman : Amélie Nothomb aux Editions Albin Michel
Adaptation – mise en scène et jeu : Layla Metssitane
Avec le soutien de Mouss Zouheyri

Partenaires : Maison de la Culture du Japon à Paris, Yohji Yamamoto et SHISEIDO.

Jusqu’au 31 juillet à 12h15 à PRESENCE PASTEUR – 13 rue du Pont Trouca – T/ 0432741854 – www.billetreduc.com

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.