Et si Angkor m’était conté… à propos de : Le papillon de Siam de Maxence Fermine

Dans son dernier roman, Maxence Fermine nous invite à suivre Henri Mouhot, explorateur français du XIXème siècle, méconnu malgré la passion et le caractère entêté qui l’ont porté de la France au Cambodge en passant par la Russie et le Royaume Unis.
Dès son plus jeune âge, l’autodidacte rêve de découvrir des contrées inconnues, cachées au coeur du Royaume de Siam. Ce territoire étant très éloigné de sa petite ville de Montbéliard, il devra passer par une carrière d’enseignant en français, en Russie. Une nouvelle passion pour la photographie, qui vit à l’époque ses premières heures, le mènera ensuite en Italie où il rencontrera sa future épouse.. ce sera l’occasion pour lui de trouver des mécènes pour son grand voyage.
Henri Mouhot, on le comprend très vite, ne parvient à ses fins qu’en bravant les interdits. Briser un coeur de femme, agir contre l’avis du paternel, enfreindre une loi antique, royale et religieuse… C’est que l’artiste, appelons-le ainsi, a cela de particulier qu’il est aveuglé non par ce qu’il aime, mais parce qu’il n’a pas encore, par ce qu’il convoite, et, bizarrement, n’a pas encore vu.
Quête de l’impossible, dangereuse, mythique et mystifiante : voilà la manière dont on pourrait qualifier ce qui fait courir Henri Mouhot, sous la plume chevaleresque de Maxence Fermine, qui veille ici à redorer, et faire ressurgir le destin aussi troublant que magnifique d’un explorateur français perdu dans l’oubli de notre Histoire. C’est rendre à la fois hommage et justice à celui qui fit découvrir aux ignorants occidentaux que nous étions, la cité interdite d’Angkor.
Pour raconter cette belle histoire, Maxence Fermine emploit le ton qui lui convient le mieux : celui du conte. Parfois, on pourrait presque penser qu’on bascule imperceptiblement dans le merveilleux. C’est magique.

Le Papillon de Siam, de Maxence Fermine, Éditions Albin Michel, 155 pages, 14,50 euros. Sorti le 4 mars 2010.

Article publié initialement dans le Magazine des Livres n°24, de Mai 2010.

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.