Floralies, de Istvan Örkény

Istvan Örkény est né en Hongrie en 1912. Durant la seconde guerre mondiale, il fut déporté en camp de travail. Ce diplômé tardif (31 ans) polytechnicien en pharmacie se marie sur le tard également, à cinquante-cinq ans.


S’il est un domaine où Istvan Örkény n’est pas en retard, c’est celui de la littérature. Visionnaire plus que les plus grands visionnaires connus, était un romancier de l’absurde, mêlant tragédie et comédie au quotidien de son peuple. Les éditions Cambourakis ont entrepris, depuis l’année dernière de publier ses oeuvres, regrettablement méconnues en France :
Les boîtes, relate l’arrivée d’un commandant insupportable, survivant de la guerre, dans la famille d’un de ses subordonnés. Il leur mène la vie insupportable, jusque dans cette occupation qu’ils trouveront ensemble pour cohabiter, absurde parmi les absurdes, mais gage de diplomatie : la création de boîtes, toute la nuit durant. Floralies, paru en 2010, raconte quant à lui les péripéties d’un cinéaste aux prises avec une obsession : filmer les derniers instants de quelques grands noms, et d’anonymes. Ce roman, écrit bien avant les Loft Story et autres émissions de téléréalité, pointe à la fois le voyeurisme de la caméra et l’indescence de son utilisateur, prêt à tout filmer pour attirer l’attention, tant il est lui-même en manque de personnalité et de caractère.

Dans l’absolu c’est absurde. Dans le fond c’est dramatique. Mais dans la forme… c’est hilarant ! Istvan Örkény n’a rien à envier aux Cocteau, Queneau, Beckett que nous possédons. Excepté qu’il est hongrois, mort, peu traduit, et qu’il faut aujourd’hui le courage des éditions Cambourakis pour sortir ses oeuvres du tombeau. C’est un régal que vous n’hésiterez pas à relire !

Floralies, Istvan Örkény, Editions Cambourakis, 150 pages, 11 €, Janvier 2009

Les boîtes, Istvan Örkény, Editions Cambourakis, 151 pages, 10 €, Mars 2010.

Articles relatifs :

About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.