"Nathalie Sarraute, l'après-midi" de Michèle Gazier

Le titre dit tout, en quelque sorte. Michèle Gazier, journaliste et écrivain, a autrefois rencontré Nathalie Sarraute à l’occasion d’un entretien. Cet entretien s’est prolongé dans le temps, et quelques après-midi, autour d’un thé, puis d’un whisky-Perrier, notamment. Voilà de ces rencontres qui émeuvent par leur simplicité, leur beauté. De ces rencontres où ne s’instaure nulle arrière-pensée, mais au contraire une complicité innée, inespérée, et qui ne repose que sur des petits riens de bienséance.. et une passion commune pour la littérature.

Peut-être faut-il avoir en soi de cette bonté que Nathalie Sarraute semble dégager à chaque page. Une bonté qui n’aurait d’égal que son talent. L’auteur se montre telle qu’elle est : “Lorsque je repense à ces années avec Nathalie Sarraute, c’est toujours son rire et le mien que j’entends. Comme une sorte de langue simple et sonore. Rire avec quelqu’un vous implique sans doute plus que bavarder avec cette même personne.”

Michèle Gazier raconte ces rencontres avec l’auteur, d’une grande pudeur, très marquée

physiquement mais avec ce quelque chose de la petite fille qui est si attendrissant chez elle. Elle livre des petites pépites, des petits moments, d’un un petit ouvrage de 47 pages. Cela semble peu et c’est déjà énormément généreux et beau tant il convenait de ne pas livrer davantage.

Des impressions de Nathalie Sarraute on ne connaîtra rien que ce qu’elle aura bien voulu confier, et que Michèle Gazier aura cru bon de nous donner à son tour : respectant ainsi cette confiance inestimable que l’auteur lui avait donnée.

Ni une traitrise, ni une confidence, Michèle Gazier nous offre un témoignage de ce que fut la première femme à entrer de son vivant dans la Pléïade, dans quelques moments précieux, à travers une écriture sobre et précieuse, de ce ton qui sied au souvenir.

C’est un magnifique témoignage d’amitié et de respect superbement illustré par Denis Deprez.

Nathalie Sarraute, l’après-midi, Michèle Gazier, Naive, 4 pages, 8 €.

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About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.