Jeanne Balibar, en concert aux 3 Baudets

Voici le petite compte-rendu du concert de Jeanne Balibar, actrice, chanteuse, militante, artiste avant tout.

Le concert a eu lieu le 3 mai 2011 aux trois baudets, et la salle se prêtait parfaitement à la prestation de la Dame. Assis bien confortablement (ou presque) dans nos fauteuils rouges, nous attendions qu’elle apparaisse, nous demandant cependant pourquoi personne n’amenait d’instruments de musique sur la scène.

Elle apparut soudain, dans un nuage de fumée, vêtue d’un vieux jean et d’un sweet shirt enfilé à l’envers : à 43 ans, Jeanne Balibar se fiche des conventions. Ce qu’elle veut, semble-t-il, c’est être LIBRE. Aussi s’affranchit-elle de tout : musiciens, musique, style. Elle propose un spectacle à son propre tempo, et elle est capable de le moduler à sa guise. De la balade au cri punk en passant par l’affront, le rire et la provocation, Jeanne Balibar conduit son public où elle le souhaite.

Lorsqu’elle se donne en concert, nul besoin d’une cause particulière pour observer une minute de silence : il faut en tenir 4, et c’est pour le plaisir, pour l’art. A bien y réfléchir, le silence est un intermède qui en vaut bien un autre. C’est lorsque le temps se fait silencieux que les regards se croisent, et que les mains se touchent.

Mais qui est donc cette grande brune ? Quel est le but de ce spectacle expérimental, de ce concert à une voix? C’est ça, l’art ? Il semblerait bien que oui… le but de l’art n’est-il pas de capter l’attention, d’emporter l’intérêt ? Croyez-le ou non, vous hocherez la tête sans entendre le moindre instrument, retiendrez une mélodie invisible, battrez un rythme qui se suffit à lui même, et reconnaîtrez enfin les mesures et le chemin que vous indique la mystérieuse chanteuse.

Car le mystère est d’autant plus épais à mesure que la chanteuse se met à nu, dans des textes sentis et puissants. D’un rien, d’un simple elle fait briller toute la complexité du monde, entre rires et étonnement. Est-ce que c’est beau ? C’est en tout cas très agréable… Vivement la prochaine !

 

About Stéphanie Joly

D'abord critique littéraire dès 2004 pour le Journal de la Culture, puis pour la Presse littéraire. Collabore ensuite au Magazine des Livres, et à Boojum, l'animal littéraire en ligne. Tient un blog depuis 2003. Son nouveau site s'intitule désormais Paris-ci la Culture. Il parle de littérature, toujours, de cinéma, de théâtre, de musique, mais aussi de publicité, de séries TV. En bref : de Culture. Avec Paris-ci la Culture, la Culture a son divan, mais surtout, elle est relayée LIBREMENT. PILC Mag vient compléter le tout presque chaque mois : un magazine gratuit en ligne hébergé sur Calameo.